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6 solutions pour se désintoxiquer de ses e-mails #DroitDéconnexion

L’e-mail ne constitue qu’un des nombreux outils et canaux de communication numérique, mais c’est à lui qu’est dédié cet article dans le contexte actuel des balbutiements de l’application d’un droit à la déconnexion.
Perte de temps, réduction de la productivité, source non négligeable de frustration et de stress, il est devenu courant d’accuser la messagerie électronique de nombreux maux.

Constat – chiffres clés

Les français accros aux e-mails (étude Adobe, octobre 2016)

Les français accros aux e-mails (étude Adobe, octobre 2016)

  • En France, 88 courriels reçus et 34 envoyés en moyenne par jour en entreprise par chaque collaborateur (Radicati Group, mars 2015).
  • Les cadres estiment passer plus de 5 heures par jour en moyenne à consulter leur messagerie (Etude Adobe, août 2015).
  • 88% des individus vérifient leurs comptes de messagerie personnelle au travail et 61% des personnes interrogées lisent des courriels pendant leurs vacances (Etude Adobe, octobre 2016).[1]
  • 79% des individus utilisent l’e-mail pour travailler en dehors des heures de bureau.[1]
  • 43 % des salariés français sont interrompus au moins toutes les dix minutes et 31 % avouent être distraits dans leur travail (Créfac).
  • En France, 78 % des Français consultent leurs messages professionnels en dehors des heures de bureau.[3]
  • Le fait pour les cadres d’avoir accès à leurs communications professionnelles pendant leurs congés ou leurs week-ends est principalement considéré comme un facteur de stress pour près de la moitié d’entre eux (48%).[3]
  • 34% des cadres considèrent cet accès permanent d’abord comme une source d’agacement pour les proches.[3]
  • Au total, 82% des cadres mettent en avant une perception anxiogène.[3]

Puisque l’insuffisance de repos cognitif est dommageable à l'”homo connectus”, la loi Travail (Loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels) a rendu obligatoire un droit à la déconnexion à compter du 1er janvier 2017 dans toutes les entreprises. Celles-ci sont donc désormais tenues de mettre en place des instruments de régulation de l’outil numérique. L’art. L. 3121-60 dispose que “l’employeur s’assure régulièrement que la charge de travail du salariés est raisonnable et permet une bonne répartition de son temps de travail”.
A compter du 1er janvier 2017, les négociations doivent s’ouvrir au sein des entreprises sur :

  • la mise en place d’instruments de régulation de l’outil numérique,
  • l’adoption de mesures visant à assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et familiale,
  • le droit d’expression directe et collective des salariés notamment au moyen des outils numériques disponibles dans l’entreprise.

Quelles sont les hypothèses explicatives de notre dépendance à nos messageries électroniques ?

L’e-mail, le papi des outils de communication numérique interpersonnelle

En 2017, l’e-mail fête son 46ème anniversaire. Compte tenu de son âge, l’on comprend pourquoi il est devenu le premier outil de travail selon Pew Research Center [2], et l’outil numérique le plus accessible en dehors de l’entreprise, comme le rappelle  dans cette tribunePew Research Center.

L’e-mail est, aujourd’hui encore, le premier élément constitutif de l’identité numérique de chaque individu

L’ampleur prise par l’e-mail dans le cadre des communications interpersonnelles tant dans les sphères professionnelle que personnelle, est telle qu’il parait impensable pour beaucoup de se passer de l’e-mail. De nos jours, sans la saisie d’un e-mail la réalisation d’un nombre conséquent d’actions devient compliquée.

En France, les internautes ont en moyenne 2,1 adresses e-mail (Etude SNCD – EMA B2C 2015).[5]

Pour 2,672 milliards d’utilisateurs de comptes dans le monde en 2016 (Radicati Group, mars 2016), le recours à ce canal de communication est devenu un réflexe. Même les pouvoirs publics réclament désormais l’adresse e-mail de leurs citoyens pour un nombre toujours plus grand de services en ligne.
L’intégration d’un nouveau collaborateur au sein de l’entreprise implique presque systématiquement la création de son adresse e-mail avec l’adjonction du nom de domaine de l’entreprise à l’identité du propriétaire. L’arrivée de celui-ci est d’ailleurs souvent anticipe?e et annonce?e à certains ou à tous par courrier e?lectronique. Par cette action, l’entreprise attribue à l’individu une identité professionnelle unique, et confirme l’utilité de son rôle au sein de l’organisation. Le constat fait dans les entreprises dans lesquelles SpotPink intervient est le suivant : plus le poste occupé est considéré comme important et plus le collaborateur reçoit quotidiennement un nombre important d’e-mails (pour info/pour avis/pour validation, pour faire suite à, etc.).
Un manager de proximite?, de retour apre?s deux semaines de repos, peut trouver 1 200 e-mails dans sa boi?te. Beaucoup en arrivent a? craindre les vacances, car ce flux ne cesse jamais.

Pourquoi alors la quantite? exponentielle d’e-mails et l’obligation de les traiter, quoi qu’il arrive, est devenu un invariant ? Pourquoi tout le monde s’y résigne et plus personne n’imagine pouvoir s’y de?rober ?

Sans doute justement parce que l’e-mail est devenu le premier e?le?ment constitutif de l’identite? nume?rique de chaque individu.

Et puis, l’e-mail procure également certains bénéfices secondaires que l’on reconnaît plus ou moins facilement. Recevoir des emails satisfait notre désir d’exister voire, nous donne l’impression d’être quelqu’un important (ce qui flatte notre ego). Recevoir des emails importants est la preuve que l’on existe et que l’on a besoin de nous, de notre opinion ou de notre action, ce qui revient à valider notre rôle et la façon dont nous occupons notre temps.

Enfin, puisque tout le monde se plaint mais que personne n’agit concrètement, chacun se résigne peut-être par conformisme social.

Une addiction apprise et qui peut être associée à des comportements compulsifs

e-mails et conditionnement opérant

Le conditionnement opérant consiste en l’apprentissage d’un comportement en fonction des conséquences qui résultent de l’action de l’organisme (individu/animal) sur son environnement. Il est donc un apprentissage par les conséquences de l’action. Si celles-ci sont positives, le comportement fait l’objet d’un renforcement positif. On dit qu’il y a renforcement positif lorsque le résultat d’un comportement a pour effet d’augmenter la force ou la fréquence de ce comportement.

L’apprentissage effectué par conditionnement opérant est le suivant : vérifier sa messagerie permet de valider son existence et utilité, de procurer la satisfaction d’avoir accompli un mal nécessaire (comme précédemment évoqué), et aussi de limiter la survenue d’une superstition.

En effet, certains perçoivent la diminution du nombre d’e-mails reçus comme le risque de la survenue d’une situation anormale, potentiellement problématique voire dangereuse ; c’est inquiétant car contraire à la tendance habituelle ! Pour contrer cette superstition il peut arriver que certains cliquent sur le bouton Envoyer/Recevoir de façon très régulière dans la journée, voire compulsive.

En vérifiant sa messagerie, l’internaute s’attend à avoir inéluctablement à traiter un nouveau message. Par exemple, en cliquant sur le bouton Envoyer/Recevoir, l’internaute sait que son comportement (le fait de vérifier) sera récompensé (par l’arrivée d’un nouveau message). Or, dans la mesure où cette vérification n’aboutit pas toujours instantanément et systématiquement (renforcement intermittent à intervalle variable) il répète l’opération, jusqu’à éliminer la confirmation du risque. Son comportement est encore renforcé à chaque fois qu’il répond à un email, car il s’attend à une réponse à en retour.

Gérer nos messageries est devenu un rituel qui économise certaines fonctions cognitives 

Mettre à la corbeille plusieurs dizaines d’e-mails comportant en objet la mention [SPAM] est chronophage mais ne requiert généralement qu’un geste automatique. Les fonctions cognitives d’analyse et de restitution ne sont pas (ou très peu) mobilisées.
Pour certains, trier les emails par niveau d’importance, de pertinence et d’urgence peut procurer l’impression d’avoir accompli une tâche nécessaire et qui est pré-requis à l’accomplissement de tâches qui requièrent des facultés cognitives supérieures. En ce cas, ce n’est que lorsque sa boîte de réception affiche aucun message non lu, que la personne peut se sentir apaisée et gratifiée d’avoir accompli ce qu’il fallait, selon elle, commencer par faire (avant de commencer une tâche plus complexe).
A d’autres, le fait de gérer leurs e-mails procure la satisfaction de s’assurer qu’ils n’ont rien raté d’important. Pour en savoir plus sur le sujet du FoMo, nous vous renvoyons ici.
Et puis, certains éprouvent au travail de la frustration liée au fait qu’ils doivent concilier avec les multiples interruptions dont ils font l’objet, dont la gestion indispensable de leur messagerie électronique. Cette dernière est vécue comme une contrainte à l’accomplissement, dans de bonnes conditions, de certaines de leurs facultés cognitives utiles à des tâches plus utiles et gratifiantes. La frustration procurée par l’impression d’un défaut de productivité est pour ces personnes généralement assez mal vécue jusqu’à ce que de nouveaux codes et usages soient collectivement adoptés.

6 solutions pour se désintoxiquer de sa messagerie électronique

1) Audit4mail, une solution pour limiter les mauvaises pratiques qui font exploser la masse d’e-mails à traiter

Le logiciel audit4mail édité et commercialisé par Move4ideas permet aux Directions des Ressources Humaines de réaliser un audit des usages de la messagerie électronique au sein de l’entreprise.

fiche-produit-audit4mail-RH

L’audit intervient directement sur le serveur de messagerie où sont placés des capteurs. Le module cartographie jour après jour les échanges électroniques, aussi bien au niveau collectif qu’individuel. Les messageries professionnelles utilisées après la fermeture des bureaux peuvent être identifiées.

Les informations transmises sont traduites en graphiques et en tableaux de bord pour analyser le nombre d’e-mails envoyés pendant et en dehors des heures de travail.

Le logiciel analyse également le nombre de collaborateurs excédant l’amplitude horaire définie avec les partenaires sociaux lors de la Négociation Annuelle Obligatoire.

Dans cet esprit, le suivi des résultats met en évidence les usages conformes ainsi que les anomalies.

Citation J-C. Isaac

Découvrez audit4mail de Move4ideas.

2) Utiliser Calldoor, l’application de déconnexion

Calldoor est un outil de déconnexion des appareils mobiles intelligents de l’entreprise qui permet à l’entreprise de gérer à distance l’ensemble des usages du smartphone, et au salarié de pouvoir se déconnecter. Avec Calldoor, le salarié maîtrise mieux la frontière entre sa sphère personnelle et sa sphère professionnelle. En effet, l’application filtre les communications indésirables et limite les interruptions ainsi que la surcharge informationnelle.
Conçue pour aicalldoor1der les entreprises à maitriser l’usage des smartphones professionnels de leurs collaborateurs en évitant les surcoûts et les impacts négatifs sur la santé, Calldoor est une solution qui permet de gérer à distance l’usage de la flotte des téléphones portables mis à la disposition des salariés par l’employeur.
Par le biais d’une application et d’un service en ligne, celui-ci peut décider de suspendre, dans une tranche horaire définie, les emails, appels, MMS/SMS entrants ou sortants, applications, Data, usages à l’étranger, accès à Internet… et aussi gérer les paramètres de sécurité. Des versions de Calldoor existent pour Android et IOS.

Les avantages de la solution Calldoor :

  1. limiter les risques psychosociaux liés à l’usage d’outils numériques,
  2. permettre l’exercice du droit à la déconnexion,
  3. anticiper certains surcoûts facturés par l’opérateur (08, SMS ou numéros surtaxés…).

3) S’inspirer des initiatives menées dans les entreprises/organisations qui ont pris de l’avance

  • Intel, Nestlé, Sodexo ou Canon et PriceMinister-Rakuten ont proposé des « journées sans e-mail » afin d’inciter leurs employés à modérer leurs usages de la messagerie électronique.
  • Atos Origin a rendu « zéro email » 200 processus métier, tels que les congés ou la préparation de réunions importantes,
  • Le groupe Volkswagen, poussé par les syndicats, a mis en place pour certains de ses cadres une coupure de l’accès à la messagerie électronique le soir après la signature d’un accord en 2012. Les serveurs de l’entreprise ont cessé de diriger les e-mails vers les téléphones professionnels entre 18h15 et 7 heures du matin,
  • Daimler a fait en sorte que les emails soient supprimés pendant les vacances.
  • Orange a?mis en place un Mooc pour?former les?managers?aux?risques?de?la connexion permanente.
  • Dans certaines entreprises du secteur de l’industrie, les badges d’accès des salariés sont bloqués en dehors des horaires de bureau pour décourager le workaholisme.
  • Le groupe La Poste a négocié un accord sur le temps de déconnexion.
  • De nombreuses chartes de l’usage de l’e-mail ont été formalisées (pour certaines dès 2011) par THALES, SODEXO, l’Observatoire des Réseaux sociaux, le MEDEF, etc.
  • Des entreprises américaines offrent désormais à leurs cadres des séjours de « sevrage » aux TIC (« digital detox»).

optimisation usage email

Europ Assistance

4) Lire le livre suivant : Berthelot, V., Blancot, C., Landsheer, A. (2013) “Résistez aux e-mails !“, Hachette Pratique.

emails, débranchez !

5) Tester l’extension StayFocusd pour Chrome

Cette application a été créée pour optimiser votre productivité en limitant le temps passé sur certains sites du Web.

StayFocusd

6) Recourir aux prestations de SpotPink
Detox DigitaleL’agence SpotPink
intervient au service de la qualité de vie au travail, de la transformation des organisations et de l’exercice volontaire du droit à la déconnexion.

Comment faire pour qu’un outil devenu omniprésent ne soit pas pathogène pour vos employés ?

L’équipe SpotPink intervient au sein des entreprises pour développer des usages adaptés et rationalisés des outils numériques (e-mails, médias sociaux, appareils mobiles professionnels) et des pratiques numériques respectueuses du bien-être des individus. Savoir optimiser son utilisation des outils numériques, dans et en dehors du contexte professionnel, est une compétence à part entière. Apprendre à faire face à l’obésité informationnelle, à traiter ses notifications, à gérer ses priorités et son emploi du temps mais aussi, savoir se déconnecter, permet à l’individu d’être plus serein et plus efficace dans l’exercice de son travail et dans les rapports qu’il entretient aux outils numériques.

Exemples de prestations proposées par SpotPink  : 

  • Réalisation d’un audit des pratiques numériques :
    • Etude des pratiques numériques (analyse et catégorisation des risques psychosociaux ainsi que de leurs conséquences sur l’individu et l’organisation).
    • Réalisation d’un diagnostic des usages technologiques par population, type de poste et niveau de maturité, classification du niveau de maturité des usages par population, évaluation de l’effectivité du repos, identification des risques et des salariés exposés par niveau, etc.)
  • Formalisation d’un plan d’action stratégique préventif et curatif des risques spécifiques au numérique (méthodologie et techniques d’intervention psychosociologique) :
    • Elaboration d’un plan de prévention de la survenue des risques spécifiques du numérique.
      • Animation de conférences, séminaires et groupes de travail sur les thèmes du droit à la déconnexion, l’optimisation de l’usage des outils numériques et la Qualité de Vie au Travail.
      • Animation d’une formation à la prévention des risques spécifiques du numérique (1 journée – 7h en intra-entreprise pour un groupe de 6 personnes maximum). Objectif : sensibilisation et formation des professionnels RH ainsi que des managers à la détection des pratiques risquées et à l’identification des salariés à risque.
      • Aide à la préparation de la négociation collective relative aux modalités d’exercice du droit à la déconnexion, de qualité de vie au travail et de charge de travail.
      • Accompagnement pour l’élaboration et l’appropriation d’une charte d’usage des outils numériques dans le contexte professionnel.
    • Mise en œuvre d’un plan curatif des dysfonctionnements constatés.
      • Ouverture et mise à disposition des salariés d’une ligne d’écoute et d’assistance psychologique au profit des salariés volontaires.
      • Organisation et animation de groupes de parole (si nécessaire) et mise en place d’une cellule de gestion de crise (si pertinent).
      • Organisation de cures de détox. digitale. Une cure de désintoxication digitale permet aux individus de se déconnecter en petit groupe (6 participants), le temps d’une semaine complète (6 jours – 5 nuits), en pleine campagne, dans un havre de paix bucolique où aucun opérateur téléphonique n’y envoie ses ondes.
  • Evaluation de l’efficacité du dispositif de régulation des usages numériques mis en place, et adaptation du dispositif au fil du temps.

Conclusion

En matière de connexion et de déconnexion, la responsabilité est nécessairement partagée entre l’individu et les organisations dans et avec lesquelles il évolue. Si l’instauration d’un droit à la déconnexion en France (première mondiale) peut faire sourire certains, les entreprises qui ne se contenteront pas d’élaborer une charte (en raison de l’absence ou de l’insuccès de la démarche de négociation avec les partenaires sociaux), pourraient bien tirer le parti des effets d’une meilleure qualité de vie au travail de leurs salariés.
En bonus, ces entreprises se prémuniront également du risque que leur nom figure dans les prochains arrêts de la Cour de Cassation.

Autres ressources et liens connexes :

  1. Adobe Email Survey 2016: Europeans are still addicted to email, but are easily disengaged with email campaigns http://ow.ly/x6JS308bwkS
  2. Technology’s Impact on Workers | Pew Research Center http://ow.ly/CyaH308buut
  3. Sondage Ifop (mai 2016) – Les cadres et l’hyper connexion http://ow.ly/X0Zd305HGci
  4. Etude – Les Français sont accros aux emails ! http://ow.ly/zM3H308bMD2
  5. Les chiffres 2016 de l’e-mail http://ow.ly/T0H2305tiym
  6. Le droit à la déconnexion: une nouveauté dans le code du travail 
  7. Essential Mail Only : découvrez une forme de réponse au droit à la déconnexion http://ow.ly/nLNE308bohz
  8. Un partenariat au service du droit à la déconnexion au sein des entreprises http://ow.ly/lPY6308bijH
  9. Berthelot, V., Blancot, C., Landsheer, A. (2013) “Résistez aux e-mails !”, Hachette Pratique http://ow.ly/ZyK9308bip0
  10. Etude de cas: optimisation de l’usage de l’e-mail et droit à la déconnexion http://ow.ly/8BrC308bibm?
  11. ?Intervention au sein d’Europ Assistance (support à télécharger) : http://ow.ly/VIJr308biOJ
  12. KO par email? La légendaire Aéropostale vole à votre secours !
  13. Les nouveaux codes de la vie de bureau http://ow.ly/WNTrG
  14. Vive (la détox. dans) le digital (RH) ! http://ow.ly/ZtZRT
  15. Du phubbing à la détox. digitale, comment s’y prendre ? http://ow.ly/qn74308bhsa 
  16. La “digitale détox.” : se ressourcer pour mieux se reconnecter http://ow.ly/ZtXe7
  17. Télécharger la présentation “Détox. digitale – prenez soin de votre cerveau !”
  18. De l’intox digitale à la détox digitale http://ow.ly/ZtYLJ
  19. Une cure de détox. digitale pour prendre soin de vous, ou de vos salariés
  20. Dates des prochaines cures de détox. digitale, programme détaillé, modalités d’organisation, conditions générales de vente, inscriptions et réservations.
  21. Infographie Etude sur la prévalence du ‘FoMO’ et le ‘SME’ en France | SpotPink http://ow.ly/4ORN308bhwG
  22. Résultats de l’étude sur la prévalence du FoMO et la fréquence d’utilisation des médias sociaux en France (2016) – SpotPink http://ow.ly/Puyk308bifd
  23. Souffrez-vous du syndrome FoMO ? http://ow.ly/ZtVRF
  24. Suivre le compte Twitter @DetoxDigitale?

#Infographie Etude sur la prévalence du ‘FoMO’ et le ‘SME’ en France

Logo-FoMO-Copyright-SpotPink

Le FoMO « Fear of Missing Out » désigne la peur de manquer une nouvelle importante (issue de l’actualité en général ou de l’activité de ses amis), de ne pas avoir connaissance d’un évènement qui constituerait une opportunité d’interagir socialement, ou encore, de passer à côté d’une opportunité commerciale (réduction, avantage, avant-première, etc.).

Au cours de ces vingt dernières années, de nouveaux moyens de communication ont émergé et sont désormais utilisés par le plus grand nombre. C’est au début du 21ème siècle que les nouvelles technologies de l’information et de la communication se sont développées de façon spectaculaire au sein du grand public, conjointement à l’essor de l’Internet et à l’amélioration des performances de celui-ci. Ces outils s’inscrivent chaque année davantage dans le quotidien de la vie personnelle et professionnelle de leurs utilisateurs. Le nombre d’utilisateurs et la maturité des usages n’ont cessé de croître depuis le début des années 2000.
Cependant, en nous permettant d’être connectés potentiellement ou effectivement, avec quiconque, n’importe où et n’importe quand, ces outils repoussent toujours davantage les limites de la communication, à tel point qu’ils créent à présent de nouvelles formes de dépendance.

Les dépendances psychologiques de « connexion » sont nées de la « popularisation » de l’usage de l’Internet et des médias sociaux. Avec elles, un nouveau lexique spécifique a émergé : cyberdépendance, nomophobie, FoMO, FoBO, hyper-connexion, blurring, etc.

Infographie Etude sur la prévalence du FoMO en France et la fréquence d'utilisation des réseaux sociaux

Infographie Etude sur la prévalence du FoMO en France et la fréquence d’utilisation des réseaux sociaux

[pastacode lang=”markup” message=”Sélectionner les 2 lignes de code ci-dessous puis copier/coller le code pour intégrer l’infographie à votre site.” highlight=”1,2″ provider=”manual” manual=”%3Ca%20href%3D%22http%3A%2F%2Fwww.spotpink.com%2F2016%2F03%2F21%2Fresultats-etude-prevalence-fomo-france%2F%23axzz44rFwY4wr%22%3E%3Cimg%20src%3D%22http%3A%2F%2Fwww.spotpink.com%2Fspotpink%2Fwp-content%2Fuploads%2FInfographie-FoMO-V3.png%22%20alt%3D%22Infographie%20Etude%202016%20sur%20la%20pr%C3%A9valence%20du%20FoMO%20en%20France%20et%20la%20fr%C3%A9quence%20d’utilisation%20des%20r%C3%A9seaux%20sociaux%22%2F%3E%3C%2Fa%3E%0A%3Ca%20href%3D%22http%3A%2F%2Fwww.spotpink.com%2F2016%2F03%2F21%2Fresultats-etude-prevalence-fomo-france%2F%23axzz44rFwY4wr%22%3EInfographie%20Etude%202016%20sur%20la%20pr%C3%A9valence%20du%20FoMO%20en%20France%20et%20la%20fr%C3%A9quence%20d’utilisation%20des%20r%C3%A9seaux%20sociaux%20%3C%2Fa%3Epar%20%3Ca%20href%3D%22http%3A%2F%2Fwww.spotpink.com%22%3ESpotPink%3C%2Fa%3E”/]

Numérique :(
Les victimes de ces dépendances ont le point commun de ressentir le besoin continuel de se connecter à Internet. On peut donc ici parler d’addiction, malgré l’avis contraire du DSM-V qui considère que les troubles addictifs sont nécessairement associés à la consommation (par ingestion, injection, inhalation…) de substances psychoactives[1] (American Psychiatric Association, Crocq, M. A., Guelfi, J. D., Boyer, P., Pull, C. B., & Pull, M. C. (2015). DSM-5 – Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Issy-Les-Moulineaux Cedex : Elsevier Masson. (P. 571).
Si les explications terminologiques sont encore au cœur des débats, les conséquences sont plus facilement observables. En effet, les personnes atteintes du FoMO pourraient devenir des adeptes du surbooking professionnel (workaholisme) et extra-professionnel (multiplication de rendez-vous et engagements), par crainte de passer à côté d’une réunion, d’une soirée ou d’un nouveau contact. D’autres n’arrivent pas à se concentrer et à profiter du moment présent, toujours frappés par l’anxiété de rater une information, une photo, un message ou une invitation.

Parallèlement à ce phénomène, un lexique alternatif est en train d’émerger : Mindfulness, SICEM, détox. digitale. Certains pays tels que la Grande-Bretagne organisent des cours de Mindfulness (notamment pour les membres du parlement) afin de diminuer l’anxiété des personnes souffrant du FoMO, puisque l’anxiété nuit au bien-être personnel.[2]

Une étude financée par SpotPink a été réalisée par Dylan Michot, Carole Blancot & Barthélémy Bourdon Baron Munoz et, la publication de ses résultats est l’objet de cet article. 

Au moment de la collecte, aucune donnée scientifique n’était disponible sur la prévalence du FoMO au sein de la population française (c’est toujours le cas au moment de la publication des résultats).

Cette étude, effectuée sur un échantillon de 1000 personnes appartenant à la population française, entre le 30 juin 2015 et le 12 février 2016, avait pour objet de d’étudier quatre aspects.

  1. Le niveau de dépendance psychologique des Français d’être en ligne.
  2. La fréquence d’utilisation des médias sociaux de la population française.
  3. Le pourcentage de personnes concernées par un usage des médias sociaux caractéristique du syndrome FoMO.
  4. La présence d’une relation éventuelle entre la fréquence d’utilisation des médias sociaux et la présence du syndrome FoMO.

Pour la réaliser, nous nous sommes basés sur celle de Przybylski, Murayama, DeHaan & Glafwell (2013) intitulée Motivational, emotional, and behavioral correlates of fear of missing out.

Principaux résultats

Les scores des réponses au questionnaire FoMO sont corrélés positivement avec les scores au questionnaire sur le Social Media Engagement (r=0.33 ; p<0.001), ce qui signifie que ces deux scores ont une tendance modérée à évoluer ensemble (cf. partie Discussion pour interprétation de ce résultat).

FoMO

  • La possibilité de rater un évènement ou une occasion de fréquenter ses amis représente la principale inquiétude pour les participants interrogés (moyenne inférieure à 3 et mode de 2). Au contraire, la mise en ligne et le partage des activités de leurs amis ne les préoccupent pas beaucoup (moyenne supérieure à 2 et mode de 5).

  • 44 % de la population craint de façon « extrême » à « modérée », que les autres aient des expériences plus gratifiantes que les leurs.

  • Par ailleurs, 46,6 % des répondants se demande, de façon « extrême » à « modérée », s’ils consacrent trop de temps à suivre ce qu’il se passe autour d’eux.

  • 33,3 % des personnes se déclarent (de “légèrement” à “extrêmement”) angoissées de ne pas savoir ce que leurs amis sont en train de faire.
  • Les participants ayant le plus de temps libre ont une plus grande fréquence de connexion aux réseaux sociaux au coucher (MLIBRE = 4,99) que ceux ayant moins de temps libre (MOCCUPE = 3,88) ainsi qu’au réveil (MLIBRE = 3,50 ; MOCCUPE = 2,85).

  • Les moins de 25 ans obtiennent des scores de FoMO plus élevés (M = 26,60) que les plus de 25 ans (M = 22,23) et, cette différence est significative (p<0.001).

  • Les femmes ont obtenu des scores significativement plus élevés que les hommes pour l’item 6 (MFEMMES = 2,55 ; MHOMMES = 2,35 ; p<0.05), l’item 8 (MFEMMES = 2,09 ; MHOMMES = 1,81 ; p<0.001) et l’item 10 (MFEMMES = 2,37 ; MHOMMES = 2,13 ; p<0.01) de l’échelle de FoMO.

Social Media Engagement (fréquence d’utilisation des médias sociaux)

  • Les périodes les plus propices à la consultation des réseaux sociaux sont les deux extrémités de la journée, en effet plus de 42 % des répondants les consultent 15 minutes avant le coucher et plus de 27 % dans les 15 minutes qui suivent le réveil. En revanche, l’heure des repas semble moins propice à la consultation des réseaux sociaux car plus de la moitié des participants ne les consultent jamais durant ces périodes.

  • Les moins de 25 ans obtiennent des scores systématiquement plus élevés d’utilisation des réseaux sociaux (M = 14,87) que les plus de 25 ans (M = 10,64), et cette différence est significative (p<0.05 pour le petit-déjeuner et p<0.001 pour tous les autres moments de la journée).
  • Les fréquences d’utilisation des réseaux sociaux par les femmes sont similaires à celles des hommes pour toutes les périodes de la journée, à l’exception de l’heure du coucher où les femmes consultent les réseaux sociaux significativement plus que les hommes (MFEMMES = 4,69 jours par semaine ; MHOMMES = 4,06 jours par semaine ; p<0.001).

Légende des réponses possibles :

  1. Cette affirmation est extrêmement juste en ce qui vous concerne
  2. Cette affirmation est très juste en ce qui vous concerne
  3. Cette affirmation est modérément juste en ce qui vous concerne
  4. Cette affirmation est légèrement exacte en ce qui vous concerne
  5. Cette affirmation n’est pas du tout correcte en ce qui vous concerne

Notes de renvoi :

[1] A l’exception toutefois du jeu d’argent pathologique (American Psychiatric Association, Crocq, M. A., Guelfi, J. D., Boyer, P., Pull, C. B., & Pull, M. C. (2015). DSM-5 – Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Issy-Les-Moulineaux Cedex : Elsevier Masson. (pp 692 – 696)).

[2] Peur de toujours rater quelque chose? Vous êtes peut-être atteint de FoMO – L’Express Styles http://ow.ly/ZwTEb

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Bibliographie :

  1. Przybylski, A. (2013) Fear of Missing Out Scale: FoMOs. Retrieved from http://www.andrewprzybylski.me/resources/2013_FearofMissingOut.pdf
  2. Przybylski, A. (2013) Social Media Engagement Questionnaire : SMEQ. Retrieved from http://www.andrewprzybylski.me/resources/2013_SocialMediaEngagment.pdf
  3. Przybylski, A., Murayama, K., DeHaan, C. & Gladwell, V. (2013) Motivational, emotional and behavioral correlates of fear of missing out. Computers in Human Behavior, 29 (2013) 1841-1848 https://www.academia.edu/4500287/Motivational_emotional_and_behavioral_correlates_of_fear_of_missing_out
  4. Gil, F., Del Valle, G., Oberst, U., & Chamarro, A. (2015) Nuevas tecnologías – ¿Nuevas patologías? El Smartphone y el fear of missing out. Revista de Psicologia, Ciències de l’Educació i de l’Esport http://www.raco.cat/index.php/Aloma/article/view/301485/391086
  5. Dorit, A. (2015) College students’ academic motivation, media engagement and fear of missing out. Computers in Human Behavior 49 (2015) 111–119 http://www.freepaperdownload.us/1773/Article2952329.htm
  6. Australian Psychological Society : Fear of Missing Out survey results 2015 http://ow.ly/ZkZSD
  7. Australian Psychological Society : 2015 Psychology Week survey report http://ow.ly/Zl0zp
  8. American Psychiatric Association, Crocq, M. A., Guelfi, J. D., Boyer, P., Pull, C. B., & Pull, M. C. (2015). DSM-5 – Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Issy-Les-Moulineaux Cedex : Elsevier Masson. (pp 692 – 696).

Autres liens utiles

[FR]

[EN]

Ils parlent de l’étude

Psychopathologie de la vie 2.0

surfingQuelques chiffres clés

En 2012, l’e-mail créé en 1971 par Ray Tomlinson, tire des faits suivants le bilan de ses 44 ans (source [1]) :

  • 15% des internautes Français ont au moins 4 adresses e-mail.
  • 91% d’entre eux consultent au moins une fois par jour leur adresse e-mail principale et 60% leur adresse e-mail secondaire au moins par jour.
  • 63% estiment recevoir trop d’offres par e-mail.
  • 30,5 % suppriment leurs messages sans les lire.
  • 41,7 % cherchent le lien de désinscription pour ne plus recevoir des mails qu’ils ne lisent pas.
  • En moyenne, un professionnel reçoit 12 emails publicitaires par jour.
    (Source : 6ème édition de l’étude E-mail Marketing Attitude).

Les employés de bureau américains consacrent aujourd’hui 650 heures par an à leur boite mail, soit 13 heures par semaine, qui correspondent presque à 2 jours ouvrés hebdomadaires ou encore presque un tiers du travail fourni au cours d’une semaine Française de 35 heures ! (Source : McKinsey Global Institute).

Selon IBM :

  • le stress induit par la nécessité impérieuse de répondre aux courriels affecte en moyenne 48% des travailleurs et ce nombre se porte à 54% dans les organisations comptant plus de 500 employés.
  • La moitié des répondants de l’étude menée estiment que les e-mails sans réponse sont également de nature à contribuer au stress en milieu de travail.
  • 61% des salariés qui ont accès à leurs mails professionnels en dehors du bureau les consultent régulièrement le soir, 47% pendant le week-end et 43% pendant les vacances.
  • 45% des salariés estiment qu’une réduction du nombre d’e-mails reçus au travail améliorerait leur qualité de vie.
    (Source [2]: Email storm creates workplace stress: IBM http://bit.ly/1a1zPSn)

Les médias sociaux affichent fièrement quant à eux les données suivantes :

Top10 RSX 2015

Crédits : https://infogr.am/reseaux-sociaux-2015

(Source[3] :http://bit.ly/1NR2mav)

LinkedIn n’apparaît pas sur ce graphique car il ne compte « que » 93 millions d’utilisateurs.

Eloignons les gros chiffres de notre esprit pour nous consacrer à présent aux hashtags #RPS #Travail #NTIC #Collaboratif #psychologie #socialmedia #management

L’importance prise par l’e-mail et les réseaux sociaux dans la vie de l’entreprise et de l’individu est telle que se développent des besoins technologiques répondant à l’acronyme de l’ATAWAD (Any Time, Anywhere, Any Device).

En effet, 34% des salariés souffrent de stress dû aux e-mails. L’explosion des appareils mobiles reliés à internet au cours de ces dernières années a fait que les individus sont maintenant presque toujours connectés. Un « stress du smartphone » a d’ailleurs commencé à faire son apparition. A cause de cette possibilité d’être toujours connecté, le stress numérique ne cesse de progresser. Mais ce n’est pas tout, cette expansion du numérique est également la cause d’un allongement du temps passé derrière son écran, que ce soit dans notre vie professionnelle ou dans notre vie privée. Ceci a des conséquences néfastes pour notre santé puisque nous passons plus de temps assis et dans la même position.

A l’heure où la chasse est ouverte contre les risques psychosociaux, où certains considèrent l’e-mail comme appartenant au passé, où les initiatives d’entreprises pour la journée sans e-mail se développent et où certaines universités américaines ont même cessé complètement d’envoyer des messages électroniques, le nombre d’utilisateurs des médias sociaux ne cesse d’augmenter.

Nous avons certainement cru un peu naïvement, d’une part que les médias sociaux nous absoudraient de l’e-mail et d’autre part, qu’ils apporteraient la solution magique contre les conséquences néfastes, sur le psychisme, l’organisme et la productivité des salariés au travail. Adieu les dysfonctionnements organisationnels des organisations pyramidales, bonjour la liberté d’expression et bonsoir les nouvelles modalités collaboratives ! Hélas, je crains que tout ne soit pas si simple. Il y a fort à parier que les médias sociaux engendreront leur lot très spécifique de symptômes psycho-socio-physiologiques et créeront peut-être même leur catégorie propre de risques psychosociologiques très 2.0 et dont la prévention reviendra en partie aux professionnels des ressources humaines ainsi qu’aux managers (après l’individu lui-même).

addictClinique du 2.0

Psychologues, psychiatres et psychanalystes s’entendent généralement sur un point : le symptôme à tendance à se déplacer. Pour le faire disparaître il faut davantage s’attaquer aux causes de son apparition qu’à ses manifestations. Sa finalité est de pallier la survenance de l’angoisse.

Voici quelques symptômes que l’on peut diagnostiquer aux différentes phases de l’évolution du consommateur assidu ou intensif d’Internet, des médias sociaux, des réseaux sociaux d’entreprise.

La situation de dissonance cognitive

  • Dès la première minute d’utilisation de n’importe quel medium social, vous vous trouverez en situation de dissonance cognitive si vous cherchiez à remplacer l’usage du mail par celui des médias sociaux. En effet, pour créer votre compte Facebook, Twitter, LinkedIn, Viadeo, YouTube… et afin de plonger dans la frénésie de la vie 2.0, il vous sera demandé préalablement de communiquer votre adresse e-mail puis de cliquer le lien de confirmation d’inscription qui vous sera envoyé… par mail !
  • Ensuite au fil des jours vous prendrez conscience que non seulement les médias sociaux ne remplacent pas l’usage du mail mais en plus qu’ils augmentent significativement le nombre d’e-mails reçus quotidiennement. Si vous ne prenez pas garde de neutraliser toutes les cases cochées par défaut, vous recevrez un mail automatique et instantané à l’instant même où vous recevrez un like, un poke, un retweet, un [+1], un point Klout, un commentaire déposé sur l’une de vos publications, une demande de mise en relation, une invitation à tester le tout nouveau réseau social sorti dans la nuit et qui fait le buzz depuis 2 heures, un nouvel ami, un message instantané à lire en ligne, etc.

En bref, il y a comme un léger paradoxe susceptible de nous placer en situation de dissonance cognitive, ne trouvez-vous pas !? Poursuivons tout de même…

Le stade de la boulimie

Dans le parcours initiatique de l’internaute ou encore du salarié qui découvre les nouveaux modes collaboratifs de travail induits par le réseau social d’entreprise récemment mis en production, cette phase est comparable au stade oral-cannibalique (théorisé dans « Trois essais sur la théorie sexuelle », par Sigmund Freud en 1905). Le sujet est contraint de quitter à regret son sentiment d’omnipotence, pour s’ouvrir aux autres parce qu’il prend conscience qu’il n’est pas seul (dans la jungle du web ou de son entreprise). Les règles ont changé, pour exister et agir, il ne peut plus se contenter d’attendre que pleuvent les mails de consignes, de reproches, d’encouragement, de rendez-vous, de prospection, de bilan… Ce n’est plus comme avant…

S’il veut l’information et continuer de prendre part aux échanges sans rien omettre, il doit aller chercher l’information pour produire sa propre actualité et si possible avant ou à défaut, mieux que les autres. Ainsi pense-t-il que son narcissisme sera préservé et le sens donné à son travail restauré. Alors, il ouvre grand la bouche à l’affût de toutes les notifications et, aidé d’outils de veille multiples tactiles et/ou mobiles il consomme avidement toutes les alertes qu’il reçoit dans sa poche, sa voiture, son lit et même ses toilettes. Convaincu qu’il parviendra à tenir le choc dans la durée, il lit, blogue en HTML, tweete, retweete, pinne, bookmark, plussoit…

Hélas, « la Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf, enfla si bien qu’elle creva » (Fable de Jean de LA FONTAINE). ). Elle se réincarna alors et, dans une seconde vie, devint un internaute présentant des fixations au stade suivant.

Le stade de l’anorexie

Pour se réincarner, survivre et même progresser, la grenouille n’a d’autre choix que de celui de se transformer. En fait à ce stade elle ignore encore comment s’y prendre et, par formation réactionnelle, elle opte pour la contre-posture pulsionnelle du stade précédent. La Grenouille, le salarié et l’internaute qui ont précédemment souffert d’infobésité et présenté le symptôme de la boulimie ont ensuite traversé l’Œdipe puis la période de latence pour se trouver à la puberté. A ce stade, comparable au stade génital (également théorisé dans « Trois essais sur la théorie sexuelle », par Sigmund Freud en 1905 comme phase ultime de la construction libidinale), l’anorexie devient le symptôme de cette crise d’adolescence qu’il faut traverser avec succès pour aborder ensuite et enfin le stade suivant.

Le stade de la liane (concept et terminologie hors corpus psychanalytique et théorique)

A ce stade, l’internaute et le salarié atteignent la pleine maturité et savent tout autant utiliser les outils que se conformer aux normes et règles de leur écosystème. Tels Tarzan et Jane ils survolent la jungle du web de liane en liane à la recherche du nectar Ambroisique, dans un parfait contrôle de leurs mouvements et en pleine connaissance des ressources, dangers et limites de leur territoire. Bien sûr il arrive parfois que leurs lianes se rompent mais ils savent que l’un peut compter sur l’autre pour le secourir en cas de besoin. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup de bébés URLs.

La symptomatologie du 2.0UV

Ces nouveaux outils et les modes d’échanges, de collaboration et de travail qu’ils instaurent pourraient être à l’origine de roubles de l’attention, de la mémorisation, du langage, de passages à l’acte et de symptômes somatiques consécutifs à une nouvelle forme d’angoisse…

L’hyper-connectivité pourrait engendrer au moins trois types de risques :

  • Un déficit de la concentration : réaliser simultanément plusieurs tâches engendre une stimulation intellectuelle intense, ce qui peut engendrer notamment fatigue oculaire, désorientation spatio-temporelle, perte d’appétence pour les actions non réalisables de façon immédiate…
  • Un déficit de l’attention : les fenêtres pop-up qui s’ouvrent inopinément sur le poste de travail contribuent, en nous déconcentrant, en une perte d’attention sur la tâche réalisée.
  • Un déficit de la mémoire : la sur-stimulation de la mémoire vive peut avoir pour conséquence de rendre moins efficientes nos mémoires à moyen et long terme, parce que délaissées au profit de la sollicitation excessive de notre mémoire vive, celle qui est utilisée dans l’immédiateté des situations.

Par ailleurs, en dépit du fait que l’hyper-connectivité dans notre quotidien ne peut être, à elle seule, à l’origine d’une situation de détresse psychologique, il peut y contribuer. Voici ci-dessous quelques signes avant-coureurs d’un possible burn-out.

Si votre réponse est oui à plusieurs des questions ci-dessous, vous pouvez vous trouver dans une situation à risque et la recherche de solutions psychologiques et/ou professionnelles est alors recommandée.

  • Vous ressentez une fatigue intellectuelle et physique ?
  • Vous avez le sentiment de vivre des difficultés de communication avec vos collègues ou votre supérieur hiérarchique ?
  • Vous éprouvez de la lassitude voire un désintéressement vis-à-vis des informations qui s’échangent au sein de votre entreprise ou des tâches qui vous incombent ?
  • Vous vous sentez découragé(e) voire submergé(e) et craignez de ne pas y arriver ?
  • Vous éprouvez régulièrement le regret de ne pas achever vos actions et cela vous culpabilise ?
  • Vous éprouvez occasionnellement des troubles du sommeil : difficultés d’endormissement ou réveils de fin de nuit ?
  • Vous vous interrogez sur la qualité de votre organisation personnelle et professionnelle parce qu’il vous est de plus en difficile de concilier les 2 ?
  • Vous vous demandez comment font les autres pour réussir à boucler leurs journées tandis que les vôtres pourraient faire 72 heures ?
  • Vous sursautez lorsque le téléphone sonne ?
  • Au moment d’ouvrir un mail reçu de certaines personnes, vous appréhendez en lire le contenu ?
  • Certains jours vous voudriez que celui qui a inventé l’e-mail reprenne son invention et ne plus jamais en entendre parler ?
  • Parfois, lorsque vous prenez connaissance de vos notifications, vous ressentez de la culpabilité (vis-à-vis de mes collaborateurs, ma famille, mon employeur ?) ou du découragement voire de la lassitude ?

Ce que l’on sait aussi sur un usage non maîtrisé ou inadapté des médias sociaux :

  • Un divorce sur 5 a pour origine Facebook (le nombre de suicides d’adolescents occasionnés par un épisode vécu sur Facebook augmente)
  • La jurisprudence s’étoffe et les cas de licenciement se multiplient au regard des erreurs commises sur le web
  • Pour les candidats dont le profil a été visionné par les recruteurs, 69% n’ont pas été retenus suite à la consultation de leurs divers profils (76% des recruteurs rendent visite au profil Facebook, 53% au compte Twitter, et 48% au profil LinkedIn).

Conclusion

A ma connaissance, les effets physiologiques à long terme des symptômes listés plus haut n’ont pas encore été suffisamment étudiés pour être isolés de façon scientifique des causes similaires.

Et vous, les NTIC vous les consommez comment !? De façon hystérique, obsessionnelle, phobique, paranoïde… ? Vous sentez-vous préservé(e) de leurs effets potentiellement néfastes sur votre santé et sur l’exercice de votre travail ?

Dans l’attente de poursuivre avec vous la réflexion sur ces sujets !