Archive for ‘Psy’

janvier 5th, 2017

Exploration et traitement de l’insomnie

by Carole Blancot

[Le contenu de cet article est une synthèse – à visée informative et pédagogique – de différentes sources (cf. plus bas), formalisée pour les besoins de personnes rencontrées en consultation et afin de répondre à leurs interrogations].

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L’insomnie se définit comme le ressenti d’une insuffisance de l’installation ou du maintien du sommeil, ou d’une mauvaise qualité restauratrice, associée à des retentissements diurnes à l’état de veille (fatigue, perte de concentration, manque de mémoire, morosité ou irritabilité, erreurs dans la réalisation de tâches…).
Avec des difficultés de sommeil qui surviennent au moins 3 nuits par semaine, l’insomnie peut être épisodique (symptômes présents depuis au moins 1 mois mais moins de 3 mois), persistante (symptômes présents depuis 3 mois ou plus) ou récurrente (au moins 2 épisodes sur une période d’1 an). Elle est parfois secondaire à une autre affection (dépression, manie, douleurs…) mais le plus souvent primaire (insomnie psychophysiologique par exemple).

Environ 1/3 des adultes rapporte des symptômes d’insomnie, 10 à 15 % des perturbations diurnes associées, et 6 à 10 % les symptômes requis pour qualifier le trouble insomnie. La prévalence de l’insomnie est supérieure chez la femme que chez l’homme, avec un ratio d’environ 1,44/1. (Source : DSM-5, P427)

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Les différentes insomnies

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  • Insomnie d’ajustement : insomnie aiguë transitoire associée à un facteur stressant. Occasionnelles, transitoires ou de court terme (d’une durée inférieure à 3 mois), ces insomnies cesse avec l’éviction du facteur causal ou s’il y a adaptation.
  • Insomnie psychophysiologique : elle est caractérisée par un conditionnement mental et physiologique qui s’oppose au sommeil (avec facteur s’opposant à l’endormissement ou induisant un état d’hyperéveil). L’activité mentale est exacerbée au lit, la tension somatique est excessive mais la qualité de sommeil est améliorée en dehors de la maison. Elle est associée à l’angoisse de performance pour le sommeil. D’une durée supérieure à 1 mois, elle est marquée par l’incapacité à s’endormir à une heure planifiée, mais sans aucune difficulté au cours de situations monotones.
  • Insomnie paradoxale ou par mauvaise perception du sommeil : plaintes d’insomnie et résultats normaux des enregistrements de sommeil. D’une durée supérieure à 1 mois, elle est chronique avec quelques nuits normales. Insomnie très sévère à la lecture de l’agenda du sommeil, avec une absence paradoxale de siestes diurnes. Le dysfonctionnement diurne est plus modéré que ne le voudrait l’importance de la privation de sommeil. Le sujet rapporte un éveil le plus fréquemment induit par des stimuli environnementaux et/ou des pensées intrusives.
  • Insomnie idiopathique : présente depuis l’enfance, il y a une absence de facteur causal identifié et une absence de période de rémission.
  • Insomnie liée à un trouble psychiatrique : une pathologie mentale a déjà été diagnostiquée (troubles de l’humeur, troubles anxieux…), ou bien l’insomnie est un signe précurseur d’une pathologie mentale à venir.
  • Insomnie secondaire à une cause médicale (liée à une pathologie physique) : une pathologie médicale est directement responsable de l’insomnie (pathologies douloureuses, hyperthyroïdie, épilepsie, cardiopathies, troubles respiratoires, reflux gastro-œsophagien, neuropathies dégénératives…).
  • Insomnie secondaire à une drogue ou une substance (liée à un médicament ou à une substance perturbant le sommeil) : abus, dépendance et prise de psychostimulant(s) (caféine, nicotine, boissons énergisantes, cannabis, cocaïne…), alcool, médicament (cortisone, dopamine, composant amphétaminique…) favorisant une fragmentation du sommeil. Insomnie associée à la période d’utilisation, d’intoxication ou de sevrage.
  • Insomnie par hygiène du sommeil inadéquate : présente depuis au moins 1 mois, l’insomnie est en rapport avec des horaires impropres (heures du coucher et lever variables) ou des activités inappropriées par rapport au sommeil (temps passé au lit excessif, abus de substances, activités mentales physiques ou émotionnelles trop proches du coucher, utilisation du lit à d’autres fins que le sommeil, environnement de chambre à coucher peu propice au sommeil…).

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L’exploration du sommeil

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Le journal ou agenda du sommeil (Cf. [1])

L’agenda du sommeil est un relevé, nuit après nuit, des horaires de sommeil. Il permet de noter une grande quantité d’informations sur la qualité du sommeil, la qualité du réveil, la forme dans la journée, l’existence de sieste ou non. D’autres informations peuvent être reportées selon les besoins. Il permet de repérer facilement son rythme de sommeil. Il visualise les difficultés rencontrées. C’est un outil de connaissance de votre sommeil. En cas d’insomnie, il permet de visualiser la qualité du sommeil et sa progression sous traitement et lors des sevrages en hypnotiques.

Les enregistrements polysomnographiques du sommeil n’ont d’intérêt que si le sujet évoque des troubles associés à l’insomnie (apnées, mouvements périodiques…) et non pas pour le diagnostic des insomnies chroniques primaires ou secondaires à des troubles psychiatriques. 

Actimétrie[2]

C’est un examen du rythme veille-sommeil et de la qualité de la nuit, qui est réalisé grâce à un actimètre et qui permet de disposer d’une représentation de l’alternance de l’activité des jours et des nuits.
L’actimètre est un petit appareil de la taille d’une montre qui se porte le plus souvent au poignet non dominant. À l’intérieur une cellule piézo-électrique permet de détecter les accélérations des mouvements. Les impulsions engendrées par une accélération au-dessus d’un certain seuil (en général 0,1 g) sont stockées dans un microprocesseur. Elles sont comptabilisées par unité de temps, habituellement de 10 secondes à 1 minute. L’enregistreur est relié à un ordinateur par une interface pour lancer le paramétrage et l’initialisation de l’enregistrement, ou pour récupérer les données. La durée possible de l’enregistrement dépend de la capacité de mémoire de l’appareil et de la durée de l’échantillonnage. Elle s’échelonne de quelques jours à plusieurs mois.

Polygraphie ventilatoire

La polygraphie ventilatoire est un examen qui permet d’enregistrer tous les paramètres de votre respiration au cours du sommeil. Elle est utile pour diagnostiquer un syndrome d’apnées du sommeil. 

Polysomnographie

L’examen polysomnographique est l’examen de choix pour étudier le sommeil. Il se fait le plus souvent au cours d’une nuit passée en laboratoire de sommeil mais peut aussi être réalisé, dans certains cas, à domicile sans hospitalisation (examen ambulatoire). Une polysomnographie comporte l’enregistrement de nombreux signaux : ceux de l’activité électrique du cerveau et de différents paramètres qui permettent soit de différencier les stades de sommeil, comme les mouvements des yeux et la tension des muscles du menton, soit de rechercher des anomalies associées au sommeil (mouvements des jambes, troubles du rythme cardiaque ou troubles respiratoires).

En pratique, le technicien chargé de l’enregistrement colle (avec une colle naturelle) des capteurs (électrodes) sur le cuir chevelu, les tempes, le menton, les jambes, et le thorax. Deux ceintures (thoracique et abdominale) enregistrent les mouvements respiratoires. Des capteurs de son et de position sont collés à la base du cou et sur le thorax. Un capteur appelé « lunettes à oxygène » permet de visualiser l’air qui passe par les narines. Enfin, un doigtier autour de l’index enregistre l’oxygénation du sang.

L’examen n’est pas douloureux mais les capteurs posés limitent les mouvements. Un rasage des poils situés sur le haut du thorax pourra être effectué pour les personnes de sexe masculin.

Le questionnaire d’auto-évaluation de la somnolence d’Epworth (Cf. [3])

Les tests de vigilance

Ces tests servent à évaluer votre propension au sommeil, ou au contraire, à lutter contre le sommeil, en conditions monotones. Ils sont réalisés en laboratoire, sous la surveillance d’un technicien.

On distingue :

  • Les tests itératifs de latence d’endormissement (TILE ou MSLT) qui permettent d’objectiver la somnolence et au cours desquels on étudie la structuration du sommeil obtenu. Ils permettent d’affirmer le diagnostic de narcolepsie dès qu’il y a 2 endormissements en sommeil paradoxal.
  • Les tests de maintien d’éveil (TME ou MWT) qui permettent de voir si vous arrivez à lutter contre l’envie de dormir.

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Traitement

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Le traitement associe différentes techniques et doit bien entendu prendre en compte le type d’insomnie dont souffre la personne :

  • Indispensable pour toute insomnie à traiter pour l’évaluation de base et le suivi tout au long du traitement :
    Renseigner son journal du sommeil pour évaluer l’évolution de la qualité et de la quantité de sommeil (temps de latence d’endormissement, nombre et durée des éveils, efficacité du sommeil et retentissement diurne, exploration des facteurs d’environnement et des rythmes de vie.
  • Amélioration de l’hygiène du sommeil (cf. plus bas).
  • Contrôle du stimulus (traitement comportemental et cognitif).
  • Restriction du temps de sommeil. La création d’un état de privation de sommeil permet d’augmenter la pression de sommeil en retardant l’heure du coucher et en avançant l’heure du lever par tranche de 15 minutes au fil des semaines, et en interdisant les siestes. Une fois l’amélioration obtenue et stabilisée, la durée de sommeil peut-être augmentée de 15 minutes chaque semaine.
  • Relaxation (cf. training autogène de Schultz et relaxation musculaire progressive de Jaskobson).
  • Thérapie cognitive (pour modifier les croyances de la personne concernant son sommeil – cf. colonnes de Beck, pour lutter contre les biais attentionnels, pour réduire l’exigence de dormir) incluant les techniques de restructuration cognitive.
  • Traitement pharmacologique en dépit de son effet transitoire, d’une efficacité non démontrée de certains médicaments, des risques d’accoutumance et aussi du nécessaire sevrage qui s’ensuit avec certaines substances.

La 1ère étape du traitement consiste à s’assurer que les règles élémentaires des habitudes et comportements de sommeil sont réunies.

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Les règles d’une bonne hygiène de sommeil :

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  • Éviter tous les excitants, café, thé, vitamine C, alcool, tabac, coca-cola.

o   Ne consommez pas de boissons contenant de la caféine (thé, café, soda, coca-cola) dans les quatre à six heures qui précédent le coucher. Si l’alcool est utilisé par certaines personnes comme inducteur du sommeil, il provoque un sommeil de mauvaise qualité, peu réparateur et déstructure à long terme le sommeil. Il est préférable de prendre une tisane.

o   Evitez de fumer au moment du coucher et lors des éveils nocturnes. La nicotine est un stimulant. Fumer au moment des éveils nocturnes majore ces éveils.

  • Il faut également créer les meilleures conditions d’environnement possibles: éviter le bruit, une chambre trop chaude ou trop froide, choisir un lit confortable. Votre lit et votre chambre doivent être confortables pour favoriser le sommeil. On s’endort évidemment mieux dans de bonnes conditions de confort, de tranquillité et d’obscurité plus ou moins complète. L’idéal étant de dormir dans une chambre aérée, calme et obscure dont la température ambiante se situe entre 18 et 19 degrés.
  • Un bain chaud pris vers 21 heures peut aider cette détente et favoriser le sommeil mais peut aussi avoir l’effet inverse en effaçant la fatigue s’il est trop chaud et qu’il fait augmenter la température corporelle.
  • Favoriser toute activité susceptible de vous relaxer le soir : lecture, musique, télé.
  • Éviter de pratiquer un sport ainsi que toutes activités très stimulantes après 17 heures. Si l’exercice physique est recommandé, il faut l’éviter en fin de soirée car il augmente la température du corps et provoque une excitation tant physique que psychologique incompatible avec un bon sommeil. Le sport favorise l’endormissement, diminue les éveils nocturnes et augmente le sommeil (classique) à ondes lentes (le plus réparateur). Toutefois, il ne doit pas être pratiqué dans les 4 heures qui précèdent le coucher. Une promenade est en revanche tout à fait recommandée. Il faut également éviter une activité intellectuelle intense prolongée jusque tard dans la nuit, qui produit une excitation.
  • Réserver la chambre au sommeil et à l’activité sexuelle en évitant de regarder la télé au lit, de travailler ou de manger au lit.
  • Maintenir des horaires de repas constants et surtout éviter les repas trop lourds ou copieux en fin de soirée et juste avant de dormir et éviter l’alcool au dîner. Ne pas manger assez est également peu judicieux car on eut alors être réveillé par une fringale nocturne. Une alimentation à base de sucres lents favorise le sommeil. (Les glucides se trouvent principalement dans les végétaux. Les fruits, les légumineuses et les céréales sont de bonnes sources de glucides simples ou complexes).
  • La «rumination» au lit pour tenter de résoudre ses problèmes avant de s’endormir ne peut que provoquer une anxiété et une tension nerveuse qui produisent des difficultés à l’endormissement et donc une insomnie. La rumination des pensées, au moment du coucher, entraine une activation cérébrale et parfois des angoisses, qui empêchent de s’endormir.
    • Notez sur un carnet vos préoccupations, les choses qu’il vous reste à régler et planifier ce que vous devez faire pour le lendemain.
    • Apprenez à vous relaxer avant de vous coucher.
  • Maintenir des horaires de lever réguliers mais placez votre réveil de manière à ne pas le voir. L’observation des heures qui passent favorise l’angoisse et la frustration, lesquels constituent des obstacles à l’endormissement.
  • Ne pas vous auto-administrer des somnifères. Ne les prenez que sur avis médical, tout en sachant qu’il est préférable de les utiliser à doses faibles – surtout chez les personnes âgées – pour un temps très limité (parfois en séries interrompues) et qu’il ne faut pas les supprimer brusquement mais diminuer progressivement les doses, en accord avec votre médecin.

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La règle d’or : associer le lit uniquement au sommeil (et aux activités sexuelles)

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Respectez les consignes suivantes très scrupuleusement pendant quelques semaines pour « reconditionner » votre sommeil :

  • Ne se coucher que pour dormir.
  • Respecter ses rituels du sommeil.
  • N’aller se coucher que lorsqu’on a sommeil.
  • Réservez le temps passé au lit au sommeil et aux activités sexuelles pour dissocier le lit de toute activité non compatible avec le sommeil comme lire, regarder la télévision, manger.
  • Éviter toutes activités favorisant l’éveil le soir (pratiquer un sport, lecture d’un livre passionnant, remplir sa feuille d’impôts, surfer sur Internet, consulter son smartphone ou tablette…).
  • Organiser une période d’activité calme une demi-heure avant le coucher ailleurs que dans le lit. Favorisez les activités relaxantes au moins 1 heure avant le coucher pour préparer le sommeil. La détente physique et morale favorise l’endormissement. A l’inverse, les activités cérébrales qui stimulent le cerveau, le retardent.
  • Se lever et faire autre chose si on se réveille en cours de nuit (pendant plus de 10 minutes). Au cours de vos éveils nocturnes, si vous ne parvenez pas à vous rendormir (pendant plus de 15 à 20 minutes), il vaut mieux vous relever, quitter votre chambre et vous occuper, jusqu’à l’arrivée de votre prochain cycle de sommeil, en vous livrant à quelques occupations délassantes (lecture, musique, etc.). Le sommeil est d’autant plus fuyant que nous nous acharnons à le trouver et que notre tension nerveuse est importante.
  • Se recoucher dès qu’en ressent à nouveau l’envie de dormir.
  • Se lever définitivement le matin dès qu’on a l’impression de ne plus dormir.
  • Dans la journée éviter de faire la sieste et les périodes de somnolence qui fragmenteraient le sommeil en plusieurs périodes.
  • Les enregistrements au laboratoire ont montré que l’on dort davantage qu’on ne le croit et, que la durée des éveils nocturnes est souvent surestimée[4]. Il est préférable de rechercher un sommeil bien organisé et continu plutôt qu’un sommeil prolongé.

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Sources & pour aller plus loin :

  1. American Psychiatric Association, DSM-5 (MANUEL DIAGNOSTIQUE ET STATISTIQUE DES TROUBLES MENTAUX). (2015) ELSEVIER-MASSON, 5ème édition http://ow.ly/cVcj307Idn7
  2. Cottraux J., Les thérapies comportementales et cognitives. (2011) Elsevier Masson, Collection Médecine et psychothérapie, 5èmeédition.
  3. Chapelle F. ; Monié B. ; Poinsot R. ; Rusinek S. ; Willard M., Thérapies Comportementales et Cognitives. (2014) Dunod, 2èmeédition.
  4. Beck, A.T. ; Rush, A.J. ; Shaw, B.F. ; Emery, G., Cognitive therapy of depression. (1979) Guilford Press, New York.
  5. Fontaine P. ; Fontaine O., Guide clinique de thérapie comportementale et cognitive. (2011) Retz Collection Les usuels, 2011.
  6. Espie COLIN A., Réussir à surmonter l’insomnie et les problèmes de sommeil, (2008) InterEditions, Paris.
  7. « Thérapie comportementale et cognitive de l’insomnie » in « Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive», P. Tassi, A. Thibault-Stoll, S. Chassagnon, S. Biry, C. Petiau, 12/2010, Volume 20, Issue 4, Pages 125-130.

[1] http://reseau-morphee.fr/wp-content/uploads/dlm_uploads/2016/04/agenda_2p.pdf

[2] Les examens du sommeil – Réseau Morphée http://ow.ly/G4EO307Igeq

[3] http://www.sommeil-mg.net/spip/questionnaires/Echelle%20D’Epworth.pdf

[4] L’hygiène du sommeil – Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil – CHUV http://ow.ly/X5IB307IfRc

février 7th, 2016

A quoi sert le MMPI-2 ou sa version révisée, le MMPI-2RF ?

by Carole Blancot

MMPI-2-RF_PCIR_GuideDepuis plusieurs mois j’utilise le MMPI-2RF (la version révisée et informatisée du MMPI-2) dans le cadre de ma pratique de l’évaluation et de l’intervention psychothérapeutique. Cet outil me permet de valider mes intuitions en rendant plus objective mon évaluation et, de vérifier que je ne commets pas d’erreur d’interprétation. Parce que je l’utilise également d’une part, pour évaluer la gravité des troubles et d’autre part, pour valider la possibilité de l’instauration d’une alliance thérapeutique, il est précieux pour me permettre le cas échéant, d’orienter les personnes qui me consultent vers d’autres professionnels de santé si nécessaire. Accessoirement de mon point de vue, il permet à la personne de faire l’économie de plusieurs séances préalables à la formulation d’un diagnostic et, à la définition de la stratégie de prise en charge psychothérapeutique la plus adaptée. Enfin, la séance de restitution est un moment privilégié qui consiste en une discussion axée sur les hypothèses formulées et qui permet non seulement de se centrer sur les difficultés, ressources et objectifs, mais aussi d’envisager des modalités d’un traitement le plus adaptée.

Qu’est-ce que le MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory) ?

Le MMPI-2-RF (inventaire multiphasique de personnalité du Minnesota-2 forme restructurée) est un questionnaire de personnalité à visée descriptive, diagnostique et thérapeutique, permettant d’identifier la dynamique psychologique du sujet questionné.

Cet inventaire de personnalité a été créé aux États-unis à la fin des années 30 par Hathaway et Mc Kinley. La première version est officiellement publiée en 1943. En 1989, James Butcher publie une seconde version, le MMPI-2, qui réactualise certains items et ajoute des échelles à la version initiale. Cette seconde version contient 567 items. La version originale, quant à elle, comprend 550 questions appartenant à 26 échelles, parmi lesquels famille et vie conjugale, vie sexuelle, masculinité-féminité, hypocondrie, dépression, schizophrénie etc. Chaque échelle a été construite en interrogeant des personnes atteintes d’un trouble spécifique et des personnes non atteintes.
Tout récemment, le MMPI-2 a connu un nouveau développement avec le MMPI-RF (Ben-Prorath & Tellegen, 2008).
Il existe plus de 12 000 livres et articles consacrés au MMPI et, ce test est utilisé dans 45 pays différents.
Le MMPI est l’un des tests psychologiques les plus anciens et sans doute le mieux connu et le plus utilisé. On notera qu’il existe aussi une version pour adolescent du MMPI, le MMPI-A pour les personnes encore mineures.

Les dimensions évaluées

Le MMPI-2RF est un questionnaire auto-administré qui évalue 3 dimensions :

  1. La capacité à remplir le MMPI.
  2. La façon dont se perçoit le répondant.
  3. La façon dont il souhaite être perçu.

Finalités du MMPI-2RF

Plus qu’un test descriptif de la personnalité, le MMPI-2RF est un instrument notamment utilisé pour étudier, analyser, évaluer et formuler des hypothèses (qui seront ensuite discutées avec la personne ayant passé le protocole) dans les domaines d’intervention suivants :

  1. Le niveau de perturbation fonctionnelle et, la gravité des troubles (au regard du positionnement de la personne, sur chaque échelle et d’une façon plus globale sur l’ensemble des échelles, par rapport à la population générale et à l’échantillon d’appartenance. Sont ainsi pris en compte le score de l’individu au regard des scores moyens, ainsi que les écarts-types qui définissent les percentiles. Autrement dit, le score de 65 définit comme seuil optimal pour différencier une population clinique d’une population générale, correspond au percentile 92. Soit, seulement 8% des personnes de la population générale obtiennent des scores supérieur à 65 aux échelles cliniques. Cependant, des scores inclus entre 60 et 65 commencent à être significatifs).
  2. La détresse psychologique subjective (détresse émotionnelle ressentie par la personne).
  3. Le niveau de soutien social (réel et perçu).
  4. La complexité des troubles ainsi que leur aspect chronique ou aiguë.
  5. Les ressources psychologiques internes (cognitives et émotionnelles) disponibles pour faire face aux situations de tous les jours (y compris celles déplaisantes) et pour gérer le stress ou l’angoisse.
  6. L’évaluation et la définition des stratégies de prises en charge les plus adaptées (au delà de la fréquence et de la durée) à chaque profil au regard des dimensions suivantes :
    • La motivation au changement de la personne.
    • Les capacités d’adaptation aux différentes modalités thérapeutiques, versus les mécanismes de résistance qui pourraient constituer des facteurs de moins bon pronostic pour l’établissement d’une alliance thérapeutique. La comptabilité du style relationnel avec une prise en charge comportementale et l’aménagement de cette dernière (individuelle, en groupe, en couple, en famille).
    • La nécessité éventuelle de recourir à une pharmacothérapie complémentaire et, le cas échéant, le cadre de l’administration de celle-ci.
  7. La définition des axes prioritaires d’intervention :
    • Apaiser le malaise / limiter la détresse.
    • Diminuer le niveau de perturbation fonctionnelle.
    • Recadrer les conduites perturbées.
    • Modifier les problèmes symptomatiques (non complexes) ou intervenir sur des problèmes interpersonnels ou systémiques (complexes).

« Les problèmes qualifiés de non complexes peuvent-être traités par des actions dirigées sur les symptômes, leurs antécédents environnementaux ainsi que les facteurs de maintien en difficultés. Les problèmes complexes peuvent être traités par des modifications dans les patterns, les réseaux associatifs et les processus sous-jacents qui donnent naissance aux troubles ».
in Du diagnostic au traitement : Rorschach et MMPI-2, Serge Sultan, Lionel Chudzik, Editions Mardaga, Collection PSY-Évaluation, mesure, diagnostic, octobre 2010.

Pour aller plus loin : 

RORSCHACH MMPI-2

Du diagnostic au traitement : Rorschach et MMPI-2, Serge Sultan, Lionel Chudzik, Editions Mardaga, Collection PSY-Évaluation, mesure, diagnostic, octobre 2010.

novembre 5th, 2015

Qu’est-ce qu’une Thérapie Comportementale et Cognitive (#TCC) ?

by Carole Blancot

Préambule

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Utilisée seule ou en complément d’un traitement médicamenteux (comme support transitoire et limité dans le temps), l’approche cognitivo-comportemenale s’est très vite répandue dans le monde en raison de son efficacité validée par des études scientifiques. « Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) représentent l’application de la psychologie scientifique à la psychothérapie. Les techniques utilisées interviennent à 3 niveaux : comportemental, cognitif et émotionnel. » [1]

Les TCC sont une branche de la psychothérapie destinée à aider les personnes à surmonter leurs problèmes émotionnels tels que, par exemple : addiction, colère, anxiété, fatigue et douleurs chroniques, dépression, troubles du comportement alimentaire, attaques de panique, troubles de la personnalité, phobies, état de stress post-traumatique, problèmes relationnels, phobie sociale…

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Vocabulaire [2]:

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  • Le terme thérapie : approche systématique destinée à combattre un problème, une maladie ou une condition anormale.
  • L’adjectif « comportemental » : fait référence à tous les actes accomplis, ce que l’on dit, la façon dont on essaie de résoudre des problèmes, la façon dont on agit, ainsi que le comportement d’évitement. Le comportement englobe à la fois l’action et l’inaction.
  • L’adjectif « cognitive » : concerne les processus mentaux tels que la pensée. Il s’agit de ce qu’il se passe dans l’esprit : rêves, souvenirs, images, pensées et attention.

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Indications :

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  • « La TCC est indiquée pour toute personne :
    • en souffrance, enfant, adolescent, adulte, et personne âgée,
    • désireuse de retrouver un mode de vie autonome et plus en adéquation avec les exigences de la réalité,
    • et, suffisamment motivée pour s’investir en tant qu’acteur dans un programme de soin permettant d’endiguer ses difficultés. » [3]

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Prérequis à l’efficacité de la démarche

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La TCC repose sur une relation thérapeutique de confiance et de collaboration (l’alliance thérapeutique), et sur la motivation fondée sur les résultats. Son efficacité dépend grandement de la qualité de la relation entre le psychothérapeute et le patient.

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Objectifs poursuivis :

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La TCC vise à remplacer les idées négatives et les comportements inadaptés par des pensées et des réactions en adéquation avec la réalité.

Elle consiste à :

  • étudier les raisonnements et les comportements afin de contribuer à surmonter les problèmes émotionnels et comportementaux ;
  • identifier, évaluer et traiter des troubles, dans une perspective de l’ « ici et maintenant » (le passé est pris en compte sans que toute l’histoire de la personne soit étudiée) ;
  • prévenir les risques de rechute par des techniques particulières et notamment, en permettant à la personne de devenir son propre thérapeute.

La thérapie vise à permettre à la personne :

  • d’identifier les liens entre pensées, émotions et comportements problématiques ;
  • de modifier les schémas de pensée dysfonctionnels (reposant sur des idées fausses, des erreurs de pensées et, des biais cognitifs acquis) ;
  • désapprendre des conduites pénibles pour apprendre des modèles adéquats de comportement (comportements alternatifs et adaptatifs).

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Modalités, durée et déroulement

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En général, une TCC se déroule sur une période de 4 mois à 1 an et dure entre quelques semaines et quelques mois (elle implique en moyenne 12 à 24 séances). La durée des séances est de 30 min à 1h, à raison d’une séance par semaine quand cela est possible, ou à défaut, toutes les 2 semaines.

Les thérapies comportementales et cognitives comprennent typiquement 4 phases [1]:

  1. Analyse fonctionnelle.
  2. Définition d’un objectif au traitement.
  3. Mise en œuvre d’un programme de traitement.
  4. Evaluation des résultats du traitement et suivi.

Elles comportent 5 étapes [4]:

  1. Diagnostic clinique et comportemental
  2. Entretiens d’évaluation
  3. Information au patient du diagnostic et des résultats de l’évaluation
  4. Etablissement du contrat thérapeutique
  5. Entretiens thérapeutiques

L’approche cognitivo-comportementale implique que les objectifs soient consignés et, que les stratégies thérapeutiques ainsi que les résultats, soient examinés régulièrement. Des exercices peuvent être confiés à la réalisation par le patient entre 2 séances.

Chaque séance est structurée selon ce modèle [5]:

  • Evaluation des tâches effectuées entre les rencontres, s’il y a lieu.
  • Définition de l’agenda et du thème de séance.
  • Utilisation des techniques de questionnement, de reformulation régulière et, des techniques cognitives, comportementales, émotionnelles et interpersonnelles pour modifier les schémas cognitifs et les pensées qui sont à l’origine des difficultés du patient.
  • Résumé de séance par le patient et discussion du résumé.
  • Feedback du patient au thérapeute sur son attitude en séance.
  • Définition des tâches cognitives et comportementales à mettre en œuvre dans la vie quotidienne.
  • Etablissement des points prioritaires à aborder dans l’agenda de la séance suivante.

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Bibliographie

  • [1] Les thérapies comportementales et cognitives, Jean Cottraux, Editions Elsevier Masson, Collection Médecine et psychothérapie, janvier 2011, 5ème édition.
  • [2] Les Thérapies Comportementales et Cognitives, Rhena BRANCH, Rob WILLSON, Collection Pour les Nuls, septembre 2006.
  • [3] Plaquette d’information, collection Psychothérapie, « Thérapie comportementale et cognitive (TCC) », www.psycom.org
  • [4] « Déroulement d’une prise en charge », Rollon Poinsot, in « Thérapies Comportementales et Cognitives », F. Chapelle, B. Monié, R. Poinsot, S. Rusinek, M. Willard, Dunod, 2014, 2ème édition.
  • [5] Beck, A.T. ; Rush, A.J. ; Shaw, B.F. ; Emery, G., Cognitive therapy of depression. (1979) Guilford Press, New York.
  • Guide clinique de thérapie comportementale et cognitive, Philippe Fontaine, Ovide Fontaine, Collection Les usuels Retz, 2011.

juillet 24th, 2015

10 différences entre un #psychologue et un #coach

by Carole Blancot

PsyPr2.2a2 (VF)Pour ce qui concerne les consultations en cabinet, en institution de soins, en hôpital de jour, etc., nombreux sont ceux qui s’interrogent encore sur la (les) différence(s) entre un psychologue, un psychiatre, un psychothérapeute, un psychanalyste… L’objet de ce billet n’est pas de les éclairer sur ce point.

En revanche, l’objet de ce billet est de répondre à la question suivante « Quelles sont les différences entre un psychologue et un coach ? »

En entreprise, nombreux sont ceux qui croient encore que leur coach est « psychologue » soit, parce que lui même dit l’être, soit parce qu’il use largement du préfixe « psycho » pour mieux légitimer sa présence et son action.

Etymologie du terme psychologue

Ceux qui ont fait, comme moi, du Grec ancien savent que >
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psychée (orthographié selon notre alphabet et non l’alphabet phonétique), est un terme qui désigne tout ce qui a trait à la pensée, au psychisme ou à l’esprit.

Si « psycho » est un préfixe, « logue » est un suffixe.
Du grec ancien >

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logos, signifie l’étude (et par extension, ‘la science’).

Confession pour le lecteur : c’est en 5ème, en cours de Grec ancien, que j’ai décidé que j’exercerai le métier de psychologue. Ensuite, je me suis « accrochée » pour tenir la promesse que je m’étais faite, si jeune, à moi même. Lisez la suite…

Le (ou la) psychologue est donc une personne qui, non seulement a choisi (littéralement) d’étudier la science de la psychée mais aussi et surtout, une personne ayant mené à leur terme, 5 années d’études pour obtenir le titre d’une profession protégée.

folio 1Différence n°1

  • Le psychologue a suivi une formation longue (un cycle de formation au cours duquel des stages professionnalisants et encadrés, de plusieurs centaines d’heures, sont obligatoires), de haut niveau, fondamentale et appliquée. Le coaching est, quant à lui, enseigné dans le cadre de formations courtes, de quelques centaines d’heures maximum.
  • Le coach (s’il n’est pas diplômé d’un master de psychologie) ne peut faire que l’usage d’un adjectif (au sens grammatical du terme) tandis que le psychologue fait l’usage du titre protégé d’une profession. Le terme de coach n’est pas un titre protégé et quiconque peut, s’il le souhaite, en faire l’usage. Pour pallier cet inconvénient, certains coach se disent certifiés, pour se distinguer de ceux qui ne le sont pas. Cela étant, la certification d’un coach n’engage que l’organisme de formation qui la remet et, n’est pas un gage reconnu de qualité.

L’usage du terme « Psychologue »

A défaut de pouvoir écrire « Psychologue » sur leurs cartes de visite (puisque le titre est dorénavant protégé), les coachs peuvent être tentés de faire l’usage de l’adjectif qualificatif.

« En grammaire, on appelle adjectif (ou nom adjectif) une catégorie de mot qui s’adjoint au nom pour exprimer une qualité (adjectif qualificatif), une relation (adjectif relationnel) ou pour permettre à celui-ci d’être actualisé dans une phrase (adjectif déterminatif). L’adjectif se distingue notamment du déterminant par sa distribution dans la phrase. » (Source)

En lisant la suite, vous devriez comprendre que l’usage de l’adjectif est insuffisant pour que le « coach », qui souhaite se distinguer du déterminant, réussisse à se positionner efficacement.

L’usage du titre de psychologue

Il faut savoir que moins de 10 universités françaises forment chaque année en France plusieurs dizaines de milliers d’étudiants au cours de leurs 3 premières années d’études dans le domaine des sciences humaines et de la psychologie. Cependant, seulement quelques dizaines d’étudiants par faculté se voient munir du titre de psychologue dans chaque spécialité, au terme de leur 5ème année d’étude. Ce sont finalement quelques centaines de psychologues qui arrivent sur le marché du travail chaque année en France.

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  • Le coach n’est pas contraint de faire l’usage de techniques et d’outils dont la validité scientifique a été obtenue. A titre d’exemple, le coach (s’il n’est pas en possession du titre de psychologue), n’a pas la capacité d’acheter et d’utiliser (faire passer, analyser, restituer) les tests répondants au standard de l’American Psychological Association (APA) et de l’European Test Publishers Group (ETPG).
    Précisons toutefois que certains éditeurs de tests sont moins regardants que d’autres, pour ce qui concerne la remise d’une certification préalable requise pour l’utilisation de leurs tests (l’objectif de commercialisation peut être supérieur à la volonté de faire preuve d’éthique).

Les ECPA par exemple, dans leurs conditions générales d’utilisation, définissent la notion de professionnels compétents comme suit :

« En raison de la nature scientifique des tests, des conditions de leur utilisation requérant une compétence spécifique et dans l’intérêt des personnes qui y sont soumises, la vente des tests des ECPA est réservée aux personnes possédant les titres, les qualifications ou les habilitations professionnelles adéquates à l’utilisation des tests notamment :

Ces principes sont conformes aux Standards for Educational and Psychological Tests, définis en 1985 et adoptés par des organisations telles que l’American Psychological Association (APA) ; Les mêmes standards ont été acceptés par l’European Test Publishers Group (ETPG) auquel adhèrent les ECPA et par l’International Test Commission (ITC).

A chacun des tests et des matériels diffusés par les ECPA est associé un type de titre, de qualification ou de certification nécessaire. » 

« Utilisation des outils ECPA – Le test est un outil professionnel. L’utilisateur, habilité, veille à l’employer dans sa version originale et dans sa globalité afin de lui conserver sa validité et sa pertinence. Ces recommandations visent également à limiter les reproductions de tout ou partie d’un test par les médias ou dans des ouvrages, dont la divulgation dévalue le contenu du test et la pratique psychologique (art. 25 du code de déontologie des psychologues). L’utilisateur s’engage aussi à protéger les contenus des tests en ne les divulguant pas auprès de tiers non-compétents. Le client est tenu de prendre les mesures nécessaires pour garantir le respect des présentes conditions d’utilisation des produits ECPA y compris si il prête ou cède le produit à un tiers réputé compétent. Les ECPA ne sont en aucun cas responsables des dommages de quelque nature que ce soit qui pourraient résulter d’un mauvais usage de ses outils. Le candidat, le patient ou plus généralement le client du client des ECPA ne pourra faire valoir aucun droit auprès des ECPA. Si la responsabilité des ECPA était mise en cause, les ECPA se réservent le droit de réclamer à son client réparation pour les dommages causés. »

folio 3Différence n°3

  • Le psychologue est tenu de respecter le code de déontologie des psychologues.
  • Le coach n’a pas à sa disposition de code de déontologie qui soit unique et spécifique à l’exercice de sa profession.

 

folio 4Différence n°4

  • Le coach ne dispose pas d’un numéro ADELI, contrairement au psychologue. On estime, grâce à ce répertoire qui consiste en l’enregistrement des diplômes des professionnels de santé, du social et d’usagers de titres professionnels du champ sanitaire, qu’il y aurait entre 45 000 et 50 000 psychologues en exercice en France. Le dénombrement des coachs est, quant à lui, impossible.

« Le titulaire de diplômes permettant l’usage professionnel du titre de psychologue en France a obligation de s’inscrire au répertoire ADELI, à la Délégation territoriale départementale (D.T.D.) du département du lieu d’exercice afin d’être enregistré sur un fichier en qualité de psychologue, par spécialité. À la suite de cet enregistrement, il lui est délivré une attestation mentionnant, entre autre, son numéro d’enregistrement (circulaire DHOS/DREES/2002/143 du 21 mars 2003 relative à l’enregistrement des diplômes de psychologues au niveau départemental). »

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folio 5Différence n°5

    • Le coach n’exerce pas une profession reconnue, si l’on se réfère au fait qu’aucun code NAF lui est spécifique.
    • Le Code INSEE NAF APE 86.90F est celui attribué aux psychologues, psychanalystes, et psychothérapeutes (NAF rév. 2, 2008, édition 2015 – Sous-classe 86.90F Activités de santé humaine non classées ailleurs).

 

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  • Le coach sait probablement mieux se vendre et vendre ses services, qu’un psychologue.
  • Le psychologue est perçu (et formé ?) dans notre culture comme un intervenant dont les qualités requises sont la neutralité bienveillante, l’humilité et la discrétion. Il est réputé ne pas avoir à (voire, ne pas devoir) faire de publicité pour promouvoir ses services. Dans notre société, il est admis que le client ou le patient sollicite le psychologue, non l’inverse. Son intervention est d’ailleurs conditionnée au fait qu’une demande lui est formulée. Susciter la demande serait une technique manipulatoire contraire à la posture éthique du psychologue.

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Le terme coach est apparu en France dans le football, grâce à Aimé Jacquet…

(Extrait) Le Suicide français, Eric Zemmour, Éditions Albin Michel, 2014, chapitre « 12 juillet 1998 Black-blanc-beur » :

«Cette victoire que la France avait effleurée en 1982 et 1986, et qu’à chaque fois les Allemands avaient arrachée des mains de l’équipe de Platini, (…) cette victoire préparée avec un soin méthodique par le « coach » (c’est alors qu’on découvrit ce mot) Aimé Jacquet dans un petit carnet qu’il tenait serré dans ses bras comme un bébé (…).»

Une recherche effectuée sur le terme « coach », dans le Répertoire Officiel des Métiers et des Emplois, place en effet le « coach sportif » en premier résultat (cf. liste des appellations métiers de chacun des 3 domaines ci-dessous) :

La même requête avec le terme « psychologue » donne 8 résultats dans les fiches métiers du Répertoire Officiel des Métiers et des Emplois.

Tandis que le coach intervient au service du développement du bien-être, des compétences et des performances sportives des individus, le psychologue, selon sa spécialité, rappelle Patrick Cohen (Psychologue, Directeur du CRIP, dans le bulletin n°238 du Syndicat National des Psychologues d’avril 2015, P.34), est « appelé à intervenir auprès de la personne, auprès des groupes et auprès de l’entreprise. La spécificité du psychologue est d’occuper une position tierce au sein de la dyade « salarié/entreprise ». (…) Qu’il le veuille ou non, il est et doit se positionner dans cette relation triangulaire dans le cadre d’une implication distanciée. Le fait d’être au service de l’un ET de l’autre signe l’intervention psychologique : il est auprès de l’entreprise et du salarié« .

Le coach n’a pas les mêmes clients ni la même posture que le psychologue.

Lorsque le coach intervient dans le cadre d’une commande passée par un particulier, il s’installe dans une relation duelle, faisant, par définition, abstraction du contexte dans lequel son client interagit avec son environnement personnel ou professionnel.

Mais, lorsque le coach est appelé par la direction à intervenir au sein de l’entreprise, selon vous, pour le compte de qui le coach intervient-il ? Si le client du coach est la direction, et puisqu’il n’est pas formé à la distinction entre la commande et la demande, ni conscient de sa potentielle instrumentalisation, son intervention risque de faire l’économie de la place des salariés dans une triangulation inexistante, et l’instauration d’une dyade.

« Le psychologue ne fait qu’accompagner le processus missionné par les deux parties. Il conseille l’un et l’autre sans jamais se mettre à leurs places. Il ne décide pas, mais permet aux autres de comprendre, choisir et assumer leur décision« , ajoute Patrick Cohen.

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Dans le bulletin n°239, juin 2015, du Syndicat National des Psychologues, P. 19, Isabelle Wijers (Présidente de Psy TOPACA, Secrétaire de la commission Champ du travail SNP), répond à la question « qu’est-ce qui différencie le psychologue du travail et des organisations d’un coach consultant ou d’un autre professionnel ? » comme suit :

« Si le coaching est l’art d’accompagner une personne ou une équipe dans l’atteinte de ses objectifs par la mise en action et le développement de son autonomie, alors non seulement les psychologues peuvent le faire, mais ils le font avec en plus la connaissance de la psychologie de l’individu, de la psychodynamique de groupe, de la psychopathologie et des risques psychosociaux. Notre formation longue, de haut niveau, fondamentale et appliquée nous permet d’analyser, de poser un diagnostic et d’intervenir tant au niveau des individus, des groupes que des organisations ».

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  • Le coach n’est ni formé ni compétent pour prévenir ou guérir les troubles psychopathologiques ainsi que leurs manifestations sous la forme de symptômes. En conséquence, la distinction entre le normal et le pathologique pourra être complexe pour ce professionnel. Certaines situations personnelles ou professionnelles conduisent les personnes à des « décompensations » ou à une « dissociation de la personnalité ». Si le coach, engagé dans une relation de coaching avec son client, n’est pas conscient de ce risque et/ou ne prend pas les dispositions requises dans ce type de situation, il peut faire courir un risque d’atteinte à l’intégrité de la santé mentale de son client.

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  • L’article 3 du code de déontologie des psychologues détaille la mission fondamentale du psychologue : « faire reconnaître et respecter la personne dans sa dimension psychique. Son activité porte sur la composante psychique des individus, considérés isolément ou collectivement » et, l’article 4 de ce même code indique que « Le psychologue peut exercer différentes fonctions à titre libéral, salarié ou d’agent public. Il peut remplir différentes missions, qu’il distingue et fait distinguer, comme le conseil, l’enseignement de la psychologie, l’évaluation, l’expertise, la formation, la psychothérapie, la recherche, etc. Ces missions peuvent s’exercer dans divers secteurs professionnels. » Rappelons que le psychologue a étudié l’une ou plusieurs des spécialités suivantes au cours de sa formation : psychologie du travail et des organisations, psychosociologie, psychopathologie, psychologie clinique, psychologie du développement (dont celle de l’enfant), psychologie différentielle, psychologie expérimentale.
  • Le périmètre d’intervention du coach est, quant à lui, axé sur l’accompagnement individuel et la formation, généralement dans le cadre d’un exercice libéral et, complémentaire d’une autre activité.

Conclusion

Si ce billet aura permis aux lecteurs :

  1. de découvrir les différences entre un psychologue et un coach (non en possession d’un titre de psychologue),
  2. d’identifier les motifs et situations qui justifient le recours à l’un ou à l’autre,

alors, il aura atteint son objectif.

mars 29th, 2012

Comment détecter un « bon » manager ? Le point de vue de psychologues

by Carole Blancot

Valérie Bergère et moi nous sommes prêtées à l’exercice de répondre à la question qui nous a été posée par ManagerGo « Comment détecter un « bon » manager ? Quel est le point de vue de psychologues ? ».

La réponse est accessible dans cette page.

février 24th, 2012

Psychologie sociale, communication & publicité

by Carole Blancot

[Cet article a été écrit par Paulina Deik, stagiaire chez SpotPink]

La psychologie est trop souvent perçue comme une branche de la psychiatrie. Dans la pensée commune, les psychologues s’occupent des maladies et des troubles mentaux. On dit : Freud, complexe d’Œdipe, hystérie, névrose… Cela est vrai, mais seulement en partie. La psychologie a plusieurs branches, spécialisations et domaines de recherche. Celle qui est bien connue et qui, en effet, traite des troubles mentaux est la psychologie clinique. Les autres spécialisations de la psychologie, telle que la psychologie sociale, différentielle, développementale, expérimentale sont souvent négligées du sens commun. Or l’on trouve des applications de la psychologie dans tous les domaines de la vie quotidienne et professionnelle.

Qu’est-ce que la psychologie sociale ?

Je voudrais en particulier parler de la psychologie sociale et de son utilité dans le domaine de la publicité et communication. Qu’est-ce que la psychologie sociale ? A la croisée de deux disciplines (psychologie et sociologie), la psychologie sociale s’intéresse aux influences du psychique sur les relations que nous entretenons avec autrui, les interactions entre le psychisme et le comportement. L’étude de la psychologie sociale se fait à deux niveaux : la vision personnelle et de l’individu sur la réalité, et l’étendue de cette vision sur l’environnement social. La psychologie sociale s’intéresse aussi à l’identité, l’autorité, l’engagement, le pouvoir, la manipulation, etc.

Quel rapport avec la publicité ?

La psychologie du consommateur est une discipline dont l’objectif est de comprendre et d’influencer le comportement d’achat individuel. En marketing, pour augmenter les ventes d’un produit, les professionnels adoptent un certain nombre de techniques psychologiques. Souvent, l’individu est incité à acheter parce que l’environnement et les signaux envoyés par publicités finissent par le persuader de le faire. Vendre c’est avant tout convaincre psychologiquement un individu d’acheter.

La publicité ne nous laisse pas indifférent : elle séduit, amuse, agace, exaspère. L’environnement est très complexe. Nous recevons environ 1000 messages publicitaires par jour et nous ne sommes capables d’en traiter que 1%.  Nos ressources cognitives sont limitées et c’est aussi pour cela que la publicité simple a plus de chance d’être remarquée. L’objectif est de faire connaitre un produit et d’amener au comportement d’achat en utilisant les techniques d’engagement et d’influence. Le message est toujours transformé, traduit, interprété à la lumière des normes et des représentations sociales. A partir du moment où nous allumons la télé, la radio, où nous connectons sur l’internet ou lorsque nous nous promenons simplement dans la rue, nous sommes envahis par des images, des slogans et des publicités. Est-ce que ces images, slogans, messages ont un impact sur notre jugement et sur notre comportement d’achat ? OUI !

La publicité vise généralement une mémorisation non spontanée, mais assistée. C’est-à-dire que le « souvenir inconscient » de la publicité est censé se réactiver lors d’une situation d’achat, que ce soit dans un rayon de supermarché ou encore sur une plate-forme de commerce en ligne.

De plus, les spots publicitaires sont faits de telle façon que tout le monde (ou au moins les consommateurs « cibles ») peut s’y reconnaitre, cela active les stéréotypes. Comment on peut connaitre les consommateurs cibles ? Demandez aux psychologues sociaux : ce sont eux qui mènent les recherches dans ce domaine.

La publicité informative et persuasive

Nous pouvons trouver plusieurs types de publicité qui utilisent des concepts psychologiques, par exemple la publicité informative et persuasive. Elle s’appuie sur une conception de l’homme où le consommateur est rationnel, raisonnable et conscient. Le message parle donc au bon sens du client. Il y a un besoin à satisfaire. Le message indique et présente un produit qui vient satisfaire le besoin. On passe par les étapes suivantes : attirer l’attention àsusciter l’intérêt à provoquer le désir àdéclencher l’achat.

La publicité suggestive

On cherche toujours à savoir ce qui va déclencher l’achat. Est-ce qu’il s’agit des motivations inconscientes, des désirs inconscients inavoués, des fantasmes ? La publicité utilise alors des concepts psychanalytiques qu’elle va simplifier et transformer. La libido et la sexualité sont susceptibles de faire vendre le produit. Les produits sont alors associés à l’érotisme et on voit apparaitre les slogans tels que « pour rugir de plaisir » ou « un café nommé désir ».

Pourquoi certains slogans nous font-ils rire ?

Dans Les mots d’esprit et ses rapports avec l’inconscient, Freud explique pourquoi certaines absurdités nous font rire. Ce serait lié à une économie psychique, le plaisir lié à une économie d’effort. Il précise que dans le cas du mot d’esprit, on éprouve du plaisir car on outrepasse la censure de la raison ou de la morale. De plus l’humeur est très importante dans la rétention d’un message. Cependant l’humeur positive s’accompagne de déficits cognitifs et peut amener à des jugements faux. Les personnes qui ont le blues et qui sont dans une humeur négative vont être beaucoup moins touchées par la persuasion et ont un meilleur jugement cognitif. Paradoxalement, nous sommes plus susceptibles d’effectuer un achat lorsque nous sommes de bonne humeur. Les études ont montré que la diffusion de message dans le contexte négatif engage le traitement plus profond, mais personne ne le fera, car dans le monde de la consommation on doit reconnaitre une grande importance de l’image de la marque. Les émotions négatives risquent de nuire gravement sur cette image.

Nespresso – la suggestion et l’identification dans la pub

Il suffit qu’une célébrité recommande un produit pour que les ventes augmentent visiblement. Pour quelle raison ? Les consommateurs s’identifient a « l’ambassadeur de la marque », la célébrité en question. En 2010, la marque Nespresso utilise l’image de l’acteur George Clooney pour promouvoir son café. Jusqu’à aujourd’hui la plupart des consommateurs de Nespresso l’associent avec cet acteur.

En conclusion, la psychologie peut être appliquée dans tous les domaines, notamment dans la publicité. Les quelques exemples présentés ci-dessus ont permis de constater le rôle clé de la psychologie dans le marketing et sa probable influence sur le comportement des consommateurs.

février 10th, 2012

[Téléchargez] Actualisation du Code de #déontologie des #Psychologues le 4 février 2012

by Carole Blancot

C’est ma consoeur Emmanuelle Perrier (dont je vous invite à découvrir le blog « Psychologie et Management ») qui m’a informée de l’actualisation récente du Code de déontologie des Psychologues.

Les psychologues qui se référaient jusqu’alors à un Code qui datait de Mars 1996 vont désormais se rapporter à un Code révisé en Février 2012 et qui a connu de nombreuses et riches contributions issues de tous les secteurs d’activité, de tous les champs de la psychologie.

« L’esprit du Code et sa structure ont été respectés. Le travail de réécriture s’est focalisé sur une expression claire avec une idée par article. C’est en 2004 qu’a débuté le travail de réécriture. Huit ans après, la communauté professionnelle est invitée à adopter le Code de Mars 1996 révisé. »

Changements majeurs notés (par moi) :

  1. certains articles ont été ajoutés, d’autres supprimés ou encore réécrits et finalement l’ensemble des titres, chapitres et articles ont fait l’objet d’une renumérotation,
  2. un titre complet LA RECHERCHE EN PSYCHOLOGIE (dorénavant  Titre III) a été ajouté,
  3. le chapitre V: LE PSYCHOLOGUE ET LA DIFFUSION DE LA PSYCHOLOGIE a été ajouté et développé,
  4. Le chapitre III : LES MODALITÉS TECHNIQUES DE L’EXERCICE PROFESSIONNEL a connu des développements significatifs.

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décembre 23rd, 2011

Un test (de recrutement) se passe et se restitue !

by Carole Blancot

Le 22/12/2011 je reçois dans ma messagerie personnelle un nouveau témoignage d’une personne ayant récemment passé le test PSV20 édité par la société ASSESSFIRST.

Je le copie/colle ci-dessous sans le modifier et en prenant soin de rendre anonyme le contenu du message.

Bonjour,

Une société (secteur d’activité anonymisé) m’a fait passer un test de personnalité PSV20 de la société ASSESSFIRST.
Je le passe mais malgré ma demande je n’ai toujours pas eu les résultats (uniquement une lecture par téléphone de la synthèse). Or je sais en cherchant sur le Net que le rapport est bien plus complet et mes interlocuteurs font un peu comme s’ils ne savaient rien.
Cela m’exaspère un peu et j’aimerais savoir quels étaient mes recours possible et mes droits quant à cette passation, leur dire que je suis en droit d’avoir les résultats est fait mais ensuite lorsque l’on se met a vous dire « ah bon ? on doit vous remettre les résultats ? » ?

Aux deux autres questions posées à mes employeurs (validité prédictive et compétence de la personnes qui évalue) : pas de réponses non plus.

voilà, au cas où vous pourriez m’éclaircir sur ce point je vous en remercie.

Cordialement
Anonymat préservé

Je reçois régulièrement ce type de message mais cette fois-ci je décide par ce billet de blog de rendre publique l’information ainsi que ma réponse. J’espère ainsi que nous connaîtrons l’issue de cette affaire.

Après avoir envoyé le tweet ci-contre,  voici la réponse que j’ai envoyée par mail à l’intéressé :

Bonjour et merci pour votre message.

Vous avez bien fait de demander une restitution de votre passation et aussi de vous inquiéter de la validité prédictive de ce test et de la compétence de l’évaluateur. Je conseille de le faire avant la passation mais je sais aussi que cette attitude peut-être mal vue et votre candidature faire l’objet d’une attitude discriminatoire.

Je vous invite à suivre à présent cette procédure :
– Lisez cette page : http://www.centraltest.fr/ct_fr/infoDeontologieFR.php
– Contacter Assessfirst pour leur demander de vous indiquer les préconisations formulées à leurs clients et demander éventuellement 1conseil sur la façon d’agir. Vous trouverez leur blog facilement et y posterez 1commentaire si vous voyez que la réponse tarde à venir.
– Vous devriez trouver aussi des précisions utiles sur ce site ECPA – Les Editions du Centre de Psychologie Appliquée www.ecpa.fr/.
– Si vous n’obtenez finalement pas gain de cause, demandez à l’entité qui vous a fait passer le test de supprimer toutes vos données personnelles et de vous confirmer cette action.
– Si vous avez un doute sur la question ou n’obtenez pas de réponse, n’hésitez pas à contacter la CNIL.
– Dites-vous bien que si vous avez souffert de cette expérience, en la passant sous silence, d’autres connaitront le même sort et c’est ainsi que les mauvaises pratiques perdurent en toute impunité.
– Tenez-moi informée.
– produisez ces liens en cas de besoin :

Je précise avoir bon espoir qu’une réponse soit apportée par l’éditeur du test compte tenu de la réactivité dont il a fait preuve en répondant moins d’une heure plus tard à mon tweet :

Un DM ensuite envoyé par David Bernard m’informe de la politique d‘Assessfirst en matière de restitution, accessible par ce lien => http://bit.ly/u63pVq

Ce billet est certes intéressant et nous en apprend plus sur les préconisations formulées par Assessfirst aux évaluateurs mais ne comporte pas l’information recherchée par celui qui prenait « conseil » auprès de moi.

Nous serons plusieurs à apprécier connaitre la suite donnée à sa requête. Peut-être aurons nous prochainement plus d’informations dans la zone commentaire de ce billet.

A lire sur le même sujet :

– Tests de recrutement : vos droits et vos obligations | ow.ly/a7dMy 

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Cliquez ici pour voir les commentaires de ce billet.

août 7th, 2011

Introduction à la notion de personnalité & traits de personnalité

by Carole Blancot

Faire un podcast de 8 minutes sur le sujet est aberrant tant il y a à dire mais si j’ai tenu à le faire c’est pour vous enseigner que :

– les psychologues ne cautionnent pas l’usage de pratiques non valides en entreprise en matière de recrutement lorsqu’il s’agit (de tenter) d’évaluer la personnalité,

– toute pratique de test (dont ceux de personnalité) comporte des règles éthiques que vous devez avoir à l’esprit si vous êtes amené à les passer :

  • la personne qui fait passer les tests doit être compétente et vous êtes en droit de lui demander de vous le prouver,
  • elle doit garantir la confidentialité et informer la personne testée de son droit de posséder les résultats de ses propres tests (restitution),
  • si la validité prédictive (pertinence quant à la finalité poursuivie) d’une pratique de recrutement n’est pas garantie, refusez de passer le test.

Si vous représentez une entreprise :

  • n’achetez pas un test qui ne soit pas étalonné et réputé fiable, valide, sensible ni les services de personnes non habilités pour les les faire passer, les interpréter et les restituer,
  • ne faites pas passer un test projectif ou un test d’intelligence là où il vous voudrait faire passer un test de personnalité,
  • il est de votre responsabilité de ne pas faire pratiquer dans votre enceinte des pratiques tout autant absurdes qu’inefficaces mais toujours nuisibles (graphologie, astrologie, numérologie…) et si vous le faites toutefois, assumez vos responsabilités et ne venez pas vous plaindre des conséquences.

La psychologie différentielle et la psychologie expérimentale sont des spécialisations très difficiles (pour ceux qui comme moi manient mieux les lettres que les chiffres) parce qu’elles impliquent de recourir à l’analyse (multi)factorielle de données pour confirmer ou infirmer des hypothèses formulées sur certains comportements humains. Méconnues du grand public elles sont des enseignements scientifiques dont vous ne trouverez les conclusions que sur les bancs de la Fac ou dans les revues scientifiques (publiées en Anglais pour la plupart). L’un des professeurs qui aura le plus marqué mes études pour ce qui concerne la méthode expérimentale est Jean-Pierre Deconchy.

Introduction à la notion de personnalité at #Psycho différentielle by caroleblancot

juillet 1st, 2011

Extrait du code de déontologie du #Psychologue

by Carole Blancot

Je dédicace ce billet à tous ceux qui :

  • se soucient de l’éthique sur la blogosphère, la twittosphère,
  • en entreprise,
  • en cabinet,
  • en silence (sans doute trop) agissent conformément à ce code sans que leur formation soit connue ou reconnue,

et j’invite ceux qui ont recours aux consultants et coachs en tous genre à valider préalablement les méthodes et techniques d’intervention de leur prestataire en n’omettant pas de contrôler leurs références et de valider leur expérience.

Je termine en précisant que d’aucuns sont meilleurs commercialement mais certainement moins habilités ou formés pour intervenir dans le contexte dans lequel il sont sollicités et, parce qu’ils ne sont pas assujettis à ce code, accepteront malgré tout la mission.

Je conclue en ajoutant que je ne fais pas l’usage de mon titre et n’ai pas prévu de le faire.
En revanche, certains enseignements restent ancrés en moi pour toujours et conditionnent la façon dont j’interagis avec autrui (prospects, clients, amis, proches, contacts).
Extrait du code de déontologie du #Psychologue by caroleblancot


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